They can't hurt you now

Si il y a toujours des gens qui passent par ici de temps en temps vous serez sûrement surprises de voir un petit mot de moi, et j'en suis horriblement désolée.C'était totalement irrespectueux de ma part de ne pas vous prévenir de mon activité etc...
Après je pourrais expliquer que j'ai beaucoup plus de boulot qu'avant et que j'occupe mon temps autrement que sur internet, que mon ordinateur était en reparation ( je viens tout juste de le récuperer), que l'inspiration ne venait pas ... Mais bon je ne suis pas là pour me justifier, juste pour vous avertir que je suis de retour. Je serais moins présente que j'ai pu l'être, j'ai beaucoup plus de mal à répondre à vos commentaire ( j'en ai tellement en attente, je ne désespère pas encore). Mais pour l'heure je me consacre à l'écriture ( j'ai un projet en plus de HCi mais je ne sais pas encore si je le publierais, le style peut paraître déconcertant c'est très différent. )

BREEEEF je ne vais pas m'attarder ici et me remettre TOUT DE SUITE ( tout du moins après avoir retiré la casserole du feu où l'eau manque de déborder à cet instant même ) à écrire.
A bientôt ( j'espère).

Servy (l)

# Posté le lundi 23 mars 2009 14:27

Modifié le vendredi 27 novembre 2009 13:56

" La vie étant un éternel recommencement, seule l'acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l'on sait recommencer, rien n'est totalement perdu. "Fleurette Levesque

" La vie étant un éternel recommencement, seule l'acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l'on sait recommencer, rien n'est totalement perdu. "Fleurette Levesque


" Elle n'existe pas ? Nuance elle est invisible, pourtant vous sentez tous sa présence, elle vit mais personne ne prend la peine de la remarquer. Personne ? "


Ici se trouve le quotidien des plus banal d'une jeune fille, Maxance.
Maxance n'est pas extraordinairement belle, Maxance n'est pas extraordinairement riche, Maxance n'est pas extraordinairement extraordinaire, Maxance est juste extraordinairement normale. Elle aspire à une vie remplie d'aventure et d'amour, passe son temps dans les étoiles rêvant d'être une autre, un autre qui serait plus comme " les autres ". Mais Maxance tu ne sais pas, non tu ne sais vraiment pas ce qui t'attend. Peut-être que j'aurais du faire plus attention, peut-être ne l'ai-je pas assez prévenue... Maintenant ce qu'elle est ce n'est plus Maxance, c'est à peine son ombre et c'est ma faute. Je m'en veux tellement Maxance, pourras-tu seulement me pardonner un jour ?


Pour le meilleur et - surtout - pour le pire.




Matthias Enzeil : Mitch Hewer ... Maxance Sentzich : Claire Danes ... Silja Mannheim : Lonneke Engel




Pub acceptées et lues pour la plupart, tu ne reçois aucun signe de moi ? C'est simple je n'aime pas :)


Vous pourrez m'appeler Servy, ce surnom étrange ne s'éloigne pas vraiment de mon vrai prénom, il me vient tout droit du Canada où j'étais il y a environ trois mois. Je vis en France, quelque part où vous ne connaissez pas, peu importe. J'ai seize ans et suis en première L. Vous voulez en savoir plus sur moi ?
Pas vraiment :)


Tout est dit, la vie n'est qu'un éternel recommencement. Ce qui explique cette nouvelle fiction - et oui encore une - au compteur.
Ceci est une fiction, comme sa définition l'indique tout vient de ma propre imagination, les évenements qui surviendront ne sont en aucuns cas réels.


# Posté le lundi 22 décembre 2008 07:54

Modifié le mercredi 29 avril 2009 15:07

" Notre âme c'est cet homme amoureux de lui-même "Jean de La Fontaine

" Notre âme c'est cet homme amoureux de lui-même "Jean de La Fontaine
" How can I ? "


Son sac sur le dos elle parcourt rapidement la salle des yeux afin d'évaluer la situation au mieux et ainsi éviter les gaffes. Elle choisit soigneusement sa place : pas au fond mais pas trop devant, elle se sait inexistante, tout du moins trop pour mériter une autre place que le milieu, elle a toujours été au milieu. Elle dispose soigneusement ses affaires sur son bureau, et attends sagement le cours qui devrait commencer sous peu. Elle est habituée à ne pas partager sa table - pourtant prévue pour deux personnes. Le professeur arrive a reculons dans la classe un tas de papiers coincé sous le menton, il pose tout en vrac sur son propre bureau, tire une liste d'une poche de son jean et fait face à la classe. Il est jeune, environ la trentaine, plutôt grand, et pour un professeur c'est suffisant, toutes les filles en sont déjà à faire des plans sur la comète pour finir dans son lit. Enfin pas toutes les filles, elle ne le fera pas, elle sait que c'est inutile de toutes façons. Il sourit largement et commence à ennoncer les noms.

" Maxance Sentzich ?
- C'est moi,
répond-elle d'une petite voix. "

Ce sera peut-être la première ainsi que la dernière fois qu'elle parlera dans ce cours, ça elle le sait. Le cours commence plutôt doucement, le prof expose le plan de l'année qui debute à peine à des élèves plus ou moins attentifs. Maxance n'y prête que le minimum d'attention, c'est sa mère qui lui a fortement conseillé - pour ne pas dire obligée - de prendre ce cours de mathématiques appliquées. Maxance, elle, aurait bien évité, les maths il faut bosser et c'est plutôt l'envie qui lui en manque. Le cours en était déjà à sa moitié et le prof s'acharnait énergiquement sur un shéma plein de courbes au tableau, elle était déjà larguée. La porte s'ouvrit en fracas. Tout le monde se retourna sur elle, dans l'entrée se tenait une fille, une nouvelle. Une nouvelle dans la petite ville de Reipisch ce n'était pas monnaie courante, alors bien entendu tout le monde suivait cette fille des yeux. Même le professeur parut déconcerté, tout le monde resta ainsi sans bouger pendant un temps qui leur parut à tous éternellement long. Puis finallement la nouvelle - puisqu'elle était déjà cataloguée - se décida à traverser la salle. Tout le monde pu l'observer d'encore plus près. Son pas était vif, elle avait des talons et le bruit qu'ils faisaient en frappant le sol était comme une musique entraînante. Des jambes interminables et de longs cheveux noirs qui lui fouettaient le dos a chaque ondulement de hanche qu'elle pratiquait. Tout le monde était fasciné par sa personne, elle dégageait une sensation presque iréelle, la perfection même. Elle n'était pourtant pas bien différente de Maxance - qui, elle, incarnait la banalité à l'état pur - elles avaient la même peau couleur d'ivoire, mais celle de la nouvelle semblait douce comme de la soie alors que Maxance avait juste l'air de la fille qui n'est pas allée se dorer au soleil pendant les vacances. Toutes deux étaient presque trop maigres, mais la nouvelle avait des courbes harmonieuses alors que Maxance déplorait une absence désolante de poitrine et des hanches à peines marquées. Mais la plus grande différence entre ces deux jeunes filles était sûrement l'allure. La nouvelle respirait la confiance en soi, Maxance on ne la voyait même pas. Elle avait finalement atteint le bureau tant attendu, elle posa ses deux paumes bien à plat sur celui ci et - même en se penchant en avant - surplombait Mr Geisel, il semblait qu'elle flirtait ouvertement avec lui, mais c'était juste sa façon d'être. Il avala difficilement sa salive et l'encouragea d'un signe de tête.

" Silja Mannheim "

Ce qui était déjà plutôt étrange étant donné que Silja était plutôt souvent utilisé en tant que diminutif du prénom Cäcilia plutôt qu'en tant que prénom, seulement personne ne releva.

" Désolée pour le retard y'avait du trafic.
- Ce n'est rien Silja, nous étions juste en train de faire un rapide bilan de l'année dernière. Regarde si tu ne peux pas rattraper avec...
Il jeta un coup d'oeil à sa liste de noms, Jan ou Maxance. "

Il montra ensuite du doigt les deux personnes indiquées, Jan était très populaire auprès des filles et ce fut une des raisons pourquoi Maxance fut très étonnée de voir la nouvelle s'asseoir à ses côtés et non prendre la bureau du fond comme elle l'aurait pensé. Elle le fut encore plus quand cette dernière se mit à maugréer :

" T'inquiète pas tu me dois rien, j'en ai rien à foutre je l'ai déjà eu ce cours l'année dernière. "

Seulement ce cours n'était ouvert qu'aux deuxièmes années, cela voulait donc dire que Silja avait un an de plus remarqua Maxance, elle n'osa pas répondre et retourna dans ses rêveries le regard perdu dans le vague le posant de temps en temps sur le doux profil de sa voisine, détaillant la soigneuse ligne sans imperfections qui menait son bout du nez à son front, remarquant avec stupéfaction les éclats dorés parsemés dans ses yeux chocolats, ses paumettes bien dessinés et joliement rosée. Détailler ainsi une créature aussi magnifique ne devrait pas être permis décida-t-elle, on se sentait tellement inférieur à côté, c'était comme voir le Paradis de loin et savoir qu'on ne pourrait jamais y accéder et essayer de se contenter de ce qu'on avait. Alors que Maxance la dévisageait ouvertement, perdue dans ses pensées elle tourna sa tête et croisa ses yeux curieux, gênée, elle rougit instantanément.

" Au fait c'est quoi ton prénom déjà ? Demanda-t-elle
- M... Maxance, dit-elle d'une voix tremblante. "

La jeune fille n'était pas habituée à ce que les gens s'adressent à elle de leur plein grès, elle savait gérer l'indiférence mais avait un peu plus de mal à tenir une conversation avec un inconnu.

" Joli prénom.
- Merci,
répondit-elle flatée mais elle ajouta tout de même comme pour se justifier, pas aussi beau que le tien.
- Bah c'est même pas mon vrai nom,
dit-elle sur un sourire. "

Maxance se surprit à sourire aussi, décidemment cette fille n'était vraiment pas comme les autres. La sonnerie marquant la fin des cours retentit et tout le monde prit ses affaires dans un vacarme assourdissant. Maxance, toujours la dernière, eu même le droit à un clin d'oeil de la part de Silja. Elle prit son sac en vitesse et manqua presque de rentrer dans Matthias.

" Matt ! S'exclama-t-elle. Tu m'as fait peur.
- Désolé, c'était pas mon intention,
se contenta-t-il un sourire charmeur accroché aux lèvres. "

La jeune fille ne put s'empêcher de sourire en retour.

" Allez viens-là que je t'embrasse, ça fait trop longtemps, dit-il "

Il la prit doucement dans ses bras prenant soigneusement le temps de bien sentir son doux parfum, elle lui avait tellement manquée pendant ces deux mois de vacances, elle partit s'enterrer à Berlin et lui dans le Sud de la France.
Elle n'avait que lui, elle n'avait pas choisi, il n'avait qu'elle, il ne voulait qu'elle.
Maxance serait sûrement très seule si Matt ne s'occupait pas d'elle comme il le faisait, il était très beau garçon mais repoussait quiconque s'approchait de lui, il était plutôt antipathique sauf avec Maxance, là le mystère restait complet. Elle mit fin à leur etreinte en le repoussant gentiment.

" Alors c'est comment la France ?
- Trop chaud, j'ai cru que j'allais fondre. "


Elle éclata d'un rire cristallin et il l'accompagnait de son éternel sourire charmeur qui ne quittait jamais son visage.

" T'as quoi comme cours là ? Demanda-t-elle
- Anglais, il fit la grimace.
- Moi aussi, s'exclama-t-elle.
- Oui mais pas moyen qu'on soit dans la même classe, répliqua-t-il avec une moue boudeuse. "

Maxance avait un an de moins que Matthias, il n'avaient donc jamais aucuns cours en commun à leur grand desespoir mais ils pouvaient au moins se rendre dans le couloir où se trouvaient toutes les salles de classes consacrées aux langues. Alors qu'ils attendaient leurs professeurs respectifs l'oeil de Maxance fut attirée par quelque chose, ou plutôt quelqu'un et ses yeux ne purent se détacher de cette personne. Matthias ne le manqua pas et son visage se transforma automatiquement en une grimace a mi-chemin entre l'agacement et la colère.

" Max ! "

Elle tiqua à l'entente du surnom affectif qu'elle, pour sa part, n'affectionnait justement pas. Elle l'observait juste prendre appui contre le mur tout en nonchalance, bavardant de temps en temps avec son ami tout aussi nonchalant. L'inateignable pour n'importe qui comme Maxance, l'inateignable pour n'importe qui n'existant pas à leurs yeux, l'inateignable tout court. Maxance en rêvait tous les jours cependant, même si elle le savait impossible, c'est bien là le but d'un rêve, non ?

" Max, réveille toi, ça n'arrivera pas.
- Je sais,
dit-elle en un soupir - agaçant encore plus son ami - sans quitter des yeux son icône dans ce monde.
- Maaaaaax...
- Arrête de m'appeler comme ça.
- Okay, Maxance chérie d'amour, tu vaux mieux que ça crois moi. Il est aussi crétin que ses copains.
- Tu le connais même pas !
- Et je me porte bien mieux comme ça. Crois moi, laisse tomber. "


Elle détacha finalement son regard du garçon et daigna regarder Matthias, elle soupira légèrement. Bien sûr qu'elle savait que c'était peine perdue, mais elle ne pouvait juste pas s'empêcher de le contempler. Comme une oeuvre d'art qui changeait de sens selon l'angle de vue que l'on choisissait, à chaque fois qu'elle le regardait elle y voyait une chose différente. Puis il jeta un coup d'oeil dans leur direction, il ne la vit pas mais adressa un signe de tête à Matt auquel ce dernier répondit à peine.

" T'exagères ! Tu m'étonnes que personne ne veuille te parler, lui reprocha-t-elle.
- Quoi encore ?
- T'as vu comme t'es avec les gens ? Tu ne réponds même pas quand on te dit bonjour !
- Mais je t'ai dit ! C'est un crétin, je ne vois pas l'interêt de dire bonjour à un crétin.
- Très bien, mais le lycée entier n'est pas crétin, si ?
- C'est là où tu te trompes, Max. Y'a personne qui vaut la peine ici. "


Puis il fila sans un mot dans sa classe ce qu'elle s'empressa de faire à son tour.

La pause du midi était toujours un rituel, différent pour chacun cependant. Les fumeurs s'eclipsaient directement par l'arrière du batîment et consacraient leur pause a leur addiction, Les gens qui existaient aux yeux de tous au lycée avaient le droit à la majorité des tables du refectoire, ayant priorité sur la queue du self sans que personne ne puisse dire quoi que ce soit. Puis il y avait tous les autres, les majoritaires mais pas moins marginaux, chacuns à leur manière, à Maxance on lui reprochait juste son manque de personalité. Mais en fait ce qui paraissait pour un défaut chez toutes ces personnes étaient juste une timidité maladive auquel elle n'avait pour l'instant trouvé aucun remède a part le temps. Seulement le temps ici ça manquait, on se levait, faisait sa bonne action en se montrant à une heure de cours, on se défoncait, on baisait, on dormait et on recommencait. Pas le temps pour apprivoiser une petite gamine sans personalité apparente. Maxance ne se pressait donc pas vers la caféteria car, elle, elle avait tout son temps. Elle y retrouva Matt et ils prirent place à l'exterieur sous un arbre sans feuilles.

" Alors ? Questionna Matthias.
- Je me sens lessivée.
- Ouais je te comprends, je serais bien resté en vacances.
- Oui ... "


Maxance détourna le visage de son interlocuteur, Matt detestait quand elle faisait ça, il avait la désagreable impression d'être aussi interressant qu'un chewing gum sous une chaussure le côté embêtant&gluant compris. Mais Maxance pouvait tout simplement pas s'en empêcher, elle adorait regarder les gens evoluer autour d'elle, faire tout ce qu'elle mourrait d'envie de faire. C'était comme un ballet bruyant, leurs pas étaient des entre chats, leurs saut sur place des arabesques et leur cris une douce mélodie, du Mozart peut-être. Matt secoua énergiquement ses cheveux platines et le soleil refleta aveuglement ses longues mèches éclatantes, cela faisait mal aux yeux de le regarder.

" Mais je suis content de t'avoir retrouvée, dit-il "

Elle avait à peine écouté et n'avait pas pris la peine de se retourner, au loin deux types costauds allaient s'engager dans une bataille, encore un des aspects de la vie sociale qu'elle aimait explorer, elle ne comprendrait décidement jamais les jeunes de son âge, elle essayait tellement fort pourtant. Matt lui tapota gentiment l'épaule et elle retourna à la réalité, n'étant pas consciente du long moment sans conversation qu'elle avait laissé s'installer entre eux.

" Oui Matt ? Dit-elle d'une voix douce.
- Je disais que les vacances auraient été beaucoup mieux avec toi. "

Elle rougit, elle n'arrivait toujours pas à s'habituer aux démonstrations d'affections plutôt évidente que son ami lui faisait à longueur de journée, elle n'arrivait toujours pas à croire que quelqu'un comme Matt puisse s'interesser à elle au point de ne fréquenter personne d'autre. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi mais avait peur de le faire fuir en posant la question. Malgrès ces airs absents Maxance tenait énormement a Matt, il lui donnait l'impression d'exister et ça valait tous les trésors du monde. Elle lui sourit franchement et il la prit dans ses bras brièvement.

" Je pouvais pas faire autrement, je vois jamais ma mère, dit-elle pour se justifier car s'ils ne s'étaient pas vus c'était majoritairement sa faute.
- Mais je pouvais te rendre visite non ? J'aurais pu prendre le train ! "

Cette conversation la mettait mal à l'aise, en fait elle ne voulait pas que Matt viennent à Berlin chez sa mère car cette dernière en aurait fait toute une histoire. Elle aurait insité sur plein de choses embarrassantes et aurait tout de suite conclut qu'ils étaient ensemble. Sa mère était très jeune certes, elle venait à peine de fêter ses trente-sept ans, mais cela ne l'excusait pas quand elle agissait comme une adolescente de quinze ans. Elle venait tout juste de se remarier à un homme comédien de son état, étant elle même chanteuse d'opera cela semblait une suite logique à producteur - le père de Maxance. Mais ça elle ne pouvait pas le dire à Matt, il ne comprendrait pas.

" Ma mère est très fatiguée en ce moment, elle m'a dit qu'elle avait besoin de repos, je suis vraiment désolée.
- Non c'est moi qui m'excuse, je n'ai pas le droit d'interférer dans ta vie familliale comme ça. La prochaine fois je demanderais à ta mère directement. "


Maxance espera qu'il ne disait que des mots en l'air tout en sachant que ce n'était pas le cas, Matt était quelqu'un de très sérieux contrairement à elle qui était toujours quelque part dans son esprit mais jamais où il fallait.

" La prochaine fois, assura-t-elle tout en croisant les doigts derrière le dos pour mieux faire passer le mensonge. Ca te dérange si je révise mes mathématiques quelques secondes ?
- Tu as déjà des devoirs ? Mais c'est le premier jour des cours !
- Le professeur de maths nous a resumé le cours de l'année passée mais ma prof de l'année dernière a été malade la moitié de l'année et on a jamais eu de remplacants.
- Bien sûr, j'aime bien te regarder étudier,
et il disait vrai. "

Elle sortit donc sa pochette cartonnée déjà griffonée au stylo à encre par cause d'ennui profond dans certaines classes, Matthias jeta un rapide coup d'oeil aux écriture qui recouvraient le carton et ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

" Tu lacheras donc jamais ? S'inquieta-t-il
- Quoi ? Demanda-t-elle. "

Il lui montra le prénom répété gravé sur la pochette du menton et jeta presque avec degoût :

" Bill Kaulitz, le crétin.
- Il n'est pas crétin !
Défendit-elle.
- Qu'est-ce que t'en sais, tu lui as jamais parlé.
- Il m'a demandé un crayon ... Une fois,
répondit-elle hésitante.
- Ouais, et si le dernier des crétins te demande un crayon alors voilà c'est un dieu, c'est ça ?
- Tu ne comprends pas
, elle retourna dans l'études de ses chiffres. "

Non Matt ne comprenait décidement pas comment elle pouvait aimer à ce point cet idiot de Bill Kaulitz, il mentirait s'il disait qu'il n'avait jamais prêté attention à lui avant sa rencontre avec Maxance. Tout le monde connaisait les Kaulitz et leur petite clique de quatre bien fermée, personne ne pouvait les approcher, comme une secte. Aux yeux de Matt c'était malsain de se refermer à ce point sur un groupe mais ce n'est pas pour autant qu'il n'appréciait pas leur conversation de temps en temps. Seulement quand il se rendit compte que la petite amourette de Maxance ne s'en irait pas de si tôt il se mit à éprouver une profonde rancoeur pour ce type qu'elle ne connaissait même pas - amoureuse des apparences - et tout son entourage par la même occasion. Vous l'aurez compris Matthias avait bien plus d'enemis que d'amis, mais ces derniers ils les surprotégaient.

" Maxance ! "

Cette dernière releva la tête d'un mouvement brusque cherchant de tous les côtés qui avait bien pu l'appeler, cela était plutôt rare quand Matthias était avec elle. Puis elle l'aperçut, la nouvelle, Silja. Elle s'élançait dans sa direction.

" Maxance ? Questionna la jeune fille un sourcil joliement relevé.
- Heu, oui, elle regardait toujours autour d'elle dans le cas d'une mauvaise blague.
- Je voulais juste que l'on compare nos emplois du temps. Tu vois je suis juste "la nouvelle" pour tout le monde ici donc ce serait sympa de ta part si tu m'aidais dans les cours qu'on a ensembles, elle souria largement. "

Maxance regardait fixement Silja mais cependant aucun mot ne sortait de sa bouche entrouverte, aussi sexy qu'un poisson mort. Silja commencait à s'interroger et se corrigea tout de suite :

" Enfin si ça te dérange pas bien sûr ! Je suis désolée de te demander ça ... Tu veux peut-être pas. "

La réponse ne vint encore pas, elle se tourna donc sur le garçon qui accompagnait Maxance, il avait l'air renfrogné et pas très enjoué à l'idée de lui parler, seulement il était mignon, très. Et Silja elle ne fait qu'une bouchée des mignons petits garçons. Comme il continuait de la fixer de cet oeil vitreux elle lui fit un clin d'oeil appuyé, il n'eut aucune réaction et cela reprima un peu ses ardeurs. Elle attendait toujours Maxance qui avait viré rouge ecrevisse, cherchant les mots justes et essayant de ne pas faire de gaffes. Le type prit la parole à sa place :

" Elle adorerait, dit-il joyeux à outrance feignant clairement la gentillesse. "

Maxance sembla se réveiller d'un coup et prit finallement la parole.

" Oh je suis désolée, elle piqua un fard de nouveau, je manque à tout mes devoirs. Silja voici Matt, enfin Matthias. Silja est nouvelle ici et ...
- En fait j'étais là il y a deux ans,
corrigea-t-elle.
- Ah oui ? Bien le mon cours après la pause c'est biologie, et toi ?
- Moi aussi ! Tu m'aideras sûrement je suis nulle en biologie,
puis elle s'éloigna sur un sourire. "

Maxance ne la quitta pas des yeux, remontant de ses pieds gracieusement pointés grace aux talons hauts vers ses jambes mises largement en valeur par une jupe ni trop courte ni trop longue ne s'attardant pas trop sur les fesses par gêne finissant sur ses cheveux lustrés qui brillait au soleil, elle poussa un soupir de desespoir. Comment pouvait-on rivaliser avec une fille comme ça ? Matt s'approcha de son oreille et lui chuchota " Tu dois être contente, elle connaît l'autre crétin". Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, alors qu'elle suivait chacuns des gestes de Silja elle n'avait pour autant pas remarquer le groupe de personnes à qui elle parlait, Gustav, Georg, Tom et enfin Bill. Maxance sentit une vague de honte la submerger quand elle les entendit rire aux éclats persuadée que Silja racontait ses exploit oratoirs. Bill devait bien se moquer d'elle.

" Mais bon sang qui est cette fille ? chuchota-t-elle.
- Lisa-Marja Mannheim, plus connue sous le nom de Silja. La reine de ces Dames, elle nous a malheureusement quitté l'année dernière pour je ne sais quelles raisons. La revoilà parmis nous de toute évidence. Ce que je ne comprends pas c'est qu'elle a mon âge, pas le tien. Elle ne devrait pas être dans ta classe.
- Je crois qu'elle a redoublé, elle m'a dit déjà avoir suivi un cours qui n'ouvert qu'aux deuxièmes années.
- C'est étrange, pour le peu que je me souvienne elle était plutôt bonne élève. "


Matt haussa les épaules et tout deux partirent pour un manger un morceau.

------------>8-------
Un peu stressée face aux réactions de ce premier chapitre - un peu ?! - plutôt simple et pas très entreprenant - ce qui accentue ma frayeur que vous ne vous preniez pas à l'histoire ( de plus le chapitre est plutôt - très - long )
Car oui vous l'aurez compris je vais essayer de faire dans le simple, tout en compliquant. Mes personnages ne seront pas de grandes stars torturées de la vie, seulement des gens comme vous et moi - j'essaye tout du moins, je ne dis pas que j'y arrive - et c'est leur histoire que - je tente - de restranscrire
Tout vos commentaires seront les bienvenus, les bons comme les mauvais :)


Bisoux
Servy (l)

# Posté le lundi 22 décembre 2008 12:22

Modifié le mercredi 04 février 2009 15:14

" Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible. "Oscar Wilde

" Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible. "Oscar Wilde

" Allez Maxance, on recommence. Et un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit et un, deux... Ta jambe de terre Maxance, plie la sinon tu vas te blesser ! Bon on arrête là. "

Maxance relacha ses efforts et se laissa aller quelques minutes sur le plancher du studio de danse, son professeur Thomas l'avait épuisée et elle sentait la sueur perler à la limite de ses cheveux tirés en un chignon très serré comme l'exigeait le code de la danse classique. La danse, son echapatoir à tout le reste mais aussi son petit secret. Matthias avait bien eu du mal a lui arracher de la bouche l'endroit où elle se rendait tous les soirs de la semaine directement après les cours. Elle ne savait d'ailleur pas pourquoi elle avait tant de mal à en parler. Sa mère était tellement fière que sa fille ait la fibre artistique car elle avait été tellement déçue par la musique, le dessin et l'art sous toutes les formes où elle avait inscrite sa fille avant même qu'elle ne sache parler. Son père, plus reservé était tout de même fier de sa fille et heureux qu'elle ne passe pas toutes ses fins de journées enfermée dans l'appartement qu'ils habitaient tout les deux.

" Maxance ? Demanda Thomas.
- Oui ?
- J'aurais besoin que tu me rendes un petit service,
demanda-t-il d'une voix suppliante, j'ai besoin d'une danseuse pour samedi prochain.
- Thomas tu sais très bien que c'est impossible !
- Tu ne m'as même pas laissé finir ! On ne te verra presque pas, tu seras dans le groupe du fond, derrière un voile !
- Je sais pas.
- Maxance, je te demande ça comme une faveur, je suis dans la merde. Je trouverais jamais une bonne danseuse en une semaine ! S'il te plaît, Maxance.
- Ja vais y réfléchir.
- Très bien. "


Elle sortit du studio le vent faisant voler ses cheveux dans tous les sens, elle ferma sa parka jusqu'en haut. Un mois était passé depuis la rentrée et le doux mois de septembre avait laissé place à octobre, pluvieux et venteux. Pendant qu'elle marchait elle repensait à ce que Thomas lui avait dit. Elle avait toujours refusé de danser devant un public, elle ne se sentait pas prête. Oh elle savait qu'elle avait le niveau pourtant, mais elle se sentait défaillir rien qu'au fait de penser à danser devant quelqu'un d'autre que Thomas. Seulement il avait besoin d'elle, et elle serait derrière un voile, il n'y avait pas une grande différence mais elle allait y repenser tout de même. A mi-chemin elle s'arrêta à l'endroit habituel, un rituel quand elle revenait de son cours de danse. Elle retira son manteau et troqua ses bottes pour ses chaussons de danse. Escalada le tronc du chêne et s'arrêta sur la plus grosse branche d'environ quatre mètres de long. Elle se mit maladroitement debout en s'aidant de l'arbre puis commença à marcher de long en large sur la branche, au fur et à mesure des allers et retours elle allait de plus en plus vite puis monta en pointe, se servant de ses bras pour s'équilibrer. Puis elle tenta une arabesque mais manqua de tomber, elle reprit difficilement son souffle sous l'émotion puis retenta. Sa jambe n'était pas parfaitement tendue mais elle tenait. Contente d'elle même elle descendit, se rhabilla et finit le chemin en sautillant.

Elle claqua la porte d'entrée, posa ses clefs sur le comptoir près de la porte, retira ses chaussures, son manteau et appela :

" Papa ? "

Personne ne répondit, elle ne s'en souciait pas plus que ça, parfois son père était tellement absorbé par son boulot qu'il n'entendait plus rien. Elle tria le courrier qu'elle posa sur la table de la cuisine. Elle sortit un plat préparé du réfrigérateur et le plaça dans le mirco-onde. Le bureau de son père se trouvait tout au fond du couloir, elle frappa doucement mais personne ne répondit donc elle ouvrit la porte. Son père était penché sur une pile de feuille un casque vissé sur les oreilles relié à une vieille stéréo. Maxance sourit à cette vue, elle avait tenté par mille fois de convaincre son père d'investir dans un mp3 mais il n'avait pas confiance en la technologie et se raccrochait à cette pièce de musée qui pourrait s'arrêter à tout moments. Elle tapota l'épaule de son père qui éteignit la musique.

" Bonsoir ma puce. Comment était ta journée ?
- Très bien, on mange dans cinq minutes.
- Merci,
son père avait les traits tirés et des cernes violettes cerlcaient ses yeux.
- Et toi ça va papa ? s'inquiéta-t-elle soudainement.
- Oui, oui ça va. C'est juste que je travaille sur cet artiste depuis un moment, y a quelque chose qui va pas mais j'arrive pas à savoir quoi.
- Je peux écouter,
demanda-t-elle
- Vas-y. "

Elle s'empara du casque et appuya sur play. Une douce musique envahit ses oreilles puis une voix masculine vint interrompre les violons, Maxance n'avait jamais entendu cette chanson auparavant. Son père était producteur de chanteurs d'opera et elle était habituée à lui donner des conseils sur son travail, elle même passionée par cette musique si pure. Elle retira le casque.

" Je pense que c'est la deuxième voix, ou tu la supprimes ou tu trouves quelqu'un qui chante plus aiguë, ça s'accorde pas trop je trouve. "

Il réécouta la chanson pour vérifier les conseils de sa fille puis hocha la tête signe qu'il acquiescait. Elle leva les pouces en l'air et fit signe qu'il était l'heure de dîner. Elle alluma la radio et un air de classique envahit la pièce.

Monsieur Sentzich ramassa les restes qui s'alignaient sur la table, sa fille, Maxance, était déjà partie se coucher. Il éteignit la musique et alluma la télévision. Rien d'interressant n'était diffusé ce soir et alors qu'ils zappait sur les chaînes de musique une attira plus son attention que les autres, une chanteuse d'opera se faisait interviewer, il la connaissait bien il l'avait produite dans le passé et elle était désormais son ex-femme. Elle parlait de son projet de disque que, bien sûr, elle produirait maintenant avec une grosse maison de disque, elle était heureuse en ménage avec son nouveau mari, le presque connu comédien français. Elle semblait vraiment très joyeuse de sa nouvelle vie, et un goût amer resta en lui. Il n'avait toujours pas digéré le départ de celle qu'il considérait comme son seul et unique amour. C'était lui qui l'avait sorti de l'ombre, il en avait fait ce qu'elle était maintenant et voilà comment elle le remerciait. Elle n'avait pas changé, ce sourire immense, le même que Maxance, ces yeux marrons profonds et ces cheveux blonds qu'elle rejetait toujours en arrière. Elle était certes toujours jeune, plus que lui qui venait tout juste d'atteindre quarante ans. Peut-être que leur rencontre s'était effectuée trop tôt, elle tout juste dix-neuf ans et lui vingt-deux, le goût de l'interdit lui avait plus bien entendu, elle avait aimé désobéir à ses parents puis elle s'était retrouvée enceinte. Le bonheur parfait au début mais Helena n'était pas une femme que l'on comble facilement, il lui fallait plus qu'une vie bien reglée. Elle avait fait ses bagages et était partie sur une tournée de trois mois qui lui avait ouvert les yeux. En effet elle avait batifolé avec ce type de cinq ans son cadet et l'avait quitté. Lui, qui l'aimait toujours de tout son être et qui n'attendait qu'une chose, qu'elle revienne. Seulement il n'avait pas tout perdu, en effet le juge lui avait laissé la garde de leur unique enfant décidant que Helena avait une vie trop volage pour la prendre en charge. Maxance passait la plupart de ses vacance à Berlin où sa mère possédait un studio qui faisait facilement le double de leur petit appartement de campagne. Las, Monsieur Sentzich éteignit la télévision et se remit au travail tout en considérant le conseil de sa fille.

Il se réveilla dans une mauvaise posture, il s'était endormi en plein travail, le casque toujours visé sur les oreilles où tournait en boucle cette même composition. Il releva difficilement la tête faisant craquer chacun de ses os et une forte douleur dans la nuque, une feuille resta accrocher à sa joue et il la chassa d'une pichenette. Maxance avait assisté à la scène, l'oeil amusé une tasse de café noir à la main. Elle était acoudé au chambranle de la porte et riait à la vue de son père. Elle s'approcha et lui déposa un bisou sur la joue en guise de bonjour.

" Maman était à la télé hier soir, dit-elle.
- Je sais, j'ai comme qui dirait regardé.
- Et ?
- Tu connais ta mère, fidèle à elle même. Toujours aussi belle.
- Papa,
reprocha-t-elle.
- Quoi ?
- Elle est passé à autre chose ...
- Je sais, je sais ma chérie. Moi aussi,
lui souria-t-il ses yeux fatigués se plissant bizarrement.
- Ouais, répondit-elle sceptique. "

Elle vida d'un trait sa tasse attrapa son manteau ainsi que son sac et passa la porte.

" Je ne serais pas tôt ce soir papa, Thomas voulait me garder plus longtemps.
- Il te garde de plus en plus tard, il va falloir que je parle avec lui il t'exploite comme un vrai tyran. "


Elle ferma la porte en rigolant doucement, son père n'irait jamais voir Thomas et le traiter de tyran, il était bien de trop réservé pour ça. Elle sourit en imaginant son pére surplombé de bon vingt centimètre par son professeur de danse. Son père n'était effectivement pas ce qu'on pouvait appeler un géant, il frolait le mètre soixante dix ce qui n'était pas grand pour un homme. Maxance de son côté atteignait péniblement un mètre soixante mais elle s'en tirait plutôt bien si on considérait que sa mère faisait cinq bons centimètres de moins qu'elle. Maxance était ce qu'on pouvait appeler menue, très petite, plutôt fine et elle avait une absence presque totale de poitrine. Elle était très ferme cependant, merci à toutes ces années de danse qui avait joliement sclupté son corps. Corps que la plupart du temps elle cachait sous des vêtements amples, banals et dans les tons gris ou noir. Elle ne voulait pas se faire remarquer et était trop timide pour essayer quelque chose qui lui irait bien et ferait devier le regard des gens sur elle. Elle aurait été bien pourtant, avec une nouvelle coupe de cheveux, des vêtement qui la sièrait mieux que ces choses informes et surtout un sourire sur son visage vierge.

" Salut "

Matthias venait de surgir de la rue perpendiculaire à celle où marchait Maxance, elle sursauta légèrement et entoura ses bras autour de son ami.

" J'ai besoin de toi Matt.
- Tout ce que tu veux.
- Ecoute Thomas m'a demandé de participer à une de ses représentations, mais je suis pas sûre d'être prête tu sais ? Il risque d'y avoir beaucoup de monde ...
- Maxance, Maxance. D'abord commence à te calmer d'accord, ça n'arrangera rien de se mettre dans des états pareils d'accord ?
- Oui, tu as raison.
Souffla-t-elle.
- Okay, écoute tu connais mon point de vue la dessus. Je pense que tu devrais te lancer, ça te ferais le plus grand bien.
- Oui, mais...
- Laisse moi finir, je ne peux pas décider pour toi. C'est une décision qui n'appartient qu'à toi. Je serais heureux de te voir danser pour la première fois de ma vie. C'est tout,
un sourire éblouit son visage. "

Elle plongea pensivement dans ses yeux bleux foncés puis décida de ne plus parler de ça avec lui, elle avait raison il fallait qu'elle décide seule. Matthias tira un paquet de cigarette de sa poche, l'ouvrit et s'en alluma une. Maxance le regarda pensivement, depuis qu'elle le connaissait il fumait mais elle ne savait pas vraiment pourquoi.

" Dis Matt ? "

Il tira sur sa clope et recracha la fumée avant d'hocher la tête pour l'encourager à poursuivre.

" Depuis quand tu fumes ?
- Trop longtemps,
se contenta-t-il de répondre.
- Mais encore ?
- C'est une partie de ma vie que j'essaye d'oublier Max, j'en suis pas très fier. La seule chose qui m'y rattache encore c'est cette putain de clope. Je lacherais bien si je pouvais, mais c'est ça le problème je peux pas. "


Elle le regarda et sa vision de lui changea l'espace d'un instant, elle realisa qu'elle ne connaissait presque rien de lui. Tout du moins de lui avant Maxance, elle ne l'avait jamais vraiment vu comme un garçon, pour elle c'était Matthias un point c'est tout, mais il avait des sentiments comme tout le monde. Il se pouvait bien qu'il soit bien plus malheureux qu'il ne voulait le montrer. Elle chassa ces idées noires de la tête et souria en réponse à son ami qui hochait la tête gentiment. Il tira une dernière fois sur sa cigarette et la jeta au loin alors que le lycée se dessinait au coin de la rue.

[ ... ]

Elle avait biologie tout comme Silja qui prenait l'habitude de s'asseoir à côté d'elle dans tous les cours qu'elles avaient en commun. Silja était étrangement sympathique avec Maxance qui se sentait toujours mal à l'aise et pas à sa place à parler avec elle. Elle savait bien que la moitié de la classe ne comprenait pas pourquoi une fille comme Silja parlait avec une fille comme elle, en fait elle était bien la première à ne pas comprendre mais elle avait trop peur de poser la question et que cela la fasse fuir. Elle savourait alors leurs petites conversations en cours.

" Vendredi je fais une petite fête chez moi, rien de très gros. On dit 14h00 chez moi ? "

Maxance resta estomaquée, jamais elle n'avait été invitée à une fête comme tous les jeunes de son âge. De plus Silja ne lui avait pas demandé la permission mais lui avait déjà donné rendez-vous, elle ne savait que dire. Silja se méprit donc sur son silence.

" Oh la fête commencera plus tard, je veux juste que tu m'aides à me préparer, dit-elle sur un clin d'oeil. "

Maxance fut une fois de plus choquée, Silja voulait que elle, une des filles qui passait le moins de temps devant son placard le matin, Maxance l'aide à se préparer pour une soirée.

" Maxance, tu m'écoutes ? Demanda Silja d'un ton agacé.
- Oui, oui désolée. Bien sûr que je viendrais mais faut que je demande à mon père avant.
- Parfait on se voit vendredi alors. "


La sonnerie du cours retentit et Silja fila dans le couloir, toujours la première à sortir de cours,ce qui ne devrait pas lui poser trop de problèmes étant donné qu'elle ne sortait jamais ses affaires de son sac - si elle en avait - et ce malgré les protestations des professeurs.

" Et c'est où cette fête, geignit Matt.
- Ben je sais pas, chez Silja.
- Mais tu la connais à peine cette fille, j'ai pas confiance Max.
- Matt,
lui dit-elle sur un ton de reproche, j'ai plus cinq ans je crois être capable de me débrouiller seule.
- Je connais ce genre de fêtes, je suis passé par là. Je me fais du soucis pour toi. Tu connaîtras personne !
- Je connais Silja, et en plus ce sera sûrement des gens du lycée, qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive.
- Tu as une confiance aveugle Max, fais attention s'il te plaît.
- Oui, oui.
Lança-t-elle en l'air. "

[ ... ]

Son corps se tendit à l'extrême, essayant de s'agrandir au maximum, les jambes raides comme des piquet, elle tenu la position encore trente petites secondes et relacha gracieusement. Thomas lui offrit un sourire et annonça la fin de son cours.

" Tu as réfléchis ? Questionna-t-il.
- Oui, et j'accepte ta proposition. "

Son professeur se fendit d'un grand sourire et l'étreignit pour lui montrer à quel point il lui était reconnaissant.

" Merci Maxance, tu m'otes un lourd fardeau. Bien dès demain on révise la choré, tu seras au point pour samedi mais il faudra que tu reste plus longtemps vendredi soir alors.
- Par contre je ne pourais pas venir vendredi,
s'excusa-t-elle.
- Mais je croyais que tu n'avais pas cours ce vendredi, s'etonna-t-il.
- Oui mais... J'ai d'autres plans. Je pourrais toujours venir samedi matin non ?
- Oui, oui. Je sais que tu peux le faire mais vendredi n'aurait pas été de trop.
- Désolée. "


Ce jour était particulièrement froid et les flaques d'eau étaient gelées, c'est pourquoi Maxance hésita un quart de seconde avant de monter sur l'arbre. Sous son manteau elle ne portait qu'un frêle tee shirt et elle tremblait de tous ses membre alors qu'elle gravissait l'arbre noueux. Mais elle le savait, elle ne pourrait pas s'équilibrer si ses mouvements n'étaient pas complètement libre il était donc nécessaire de se dévêtir. En équilibre sur la branche elle faisait plus attention que d'habitude, la branche était glissante et un léger gel la recouvrait à un endroit précis. Elle prit bien soin d'enjamber le verglas à chaque allers et retours qu'elle effectuait. Elle entendit des pas au loin mais ne voulait pas se donner l'occasion de tomber et ne vérifia pas l'identité de la personne.

" Hey, entendit-elle. "

Là encore elle décida d'ignorer, ce n'était sûrement pas pour elle et tomber était si facile maintenant.

" Hey ! La voix insista-t-elle voyant que Maxance ne réagissait pas, toi là haut. "

Maxance se stoppa et prêta l'oreille, quelqu'un s'adressait à elle, elle risqua un oeil et crut défaillir, en dessous d'elle se trouvait Bill Kaulitz. Elle reporta son regard devant elle pour ne pas perdre sa balance.

" Descend, tu vas te faire mal, cria-t-il. "

Elle ne répondit pas, trop tétanisée pour dire quelque chose, elle continuait ses exercices comme si de rien n'était priant silencieusement pour qu'il s'en aille.

" C'est jamais la solution, insita-t-il. "

De nouveau elle s'arrêta net, les sourcils froncés n'étant pas certaine de comprendre le sens de sa phrase. Elle se pencha en avant et risqua des paroles, ou plutôt un mot :

" Quoi ?
- En plus c'est pas très haut, pas sûr que tu te réussisses,
rajouta-t-il amusé. "

Il croyait qu'elle voulait se suicider, mais bien sûr Maxance que penserais-tu de quelqu'un qui marche sur un arbre en hauteur ? Elle te paraitrait plutôt dérangée. Consciente de sa bêtise elle rougit d'un coup et continua son chemin. Tout en clarifiant les choses.

" Je ne veux PAS me suicider.
- Ah, d'accord,
répondit-il plutôt moqueur. "

Elle risqua un oeil sur son profil et le trouva encore plus beau dans le froid, il avait pris des couleurs sur le nez ainsi que sur les joues et un bonnet blanc était enfoncé sur ses oreilles, elle détourna les yeux avec honte comme prise en flagrant délit.

" Tu peux m'expliquer alors ?
- Je travaille mes pointes,
répondit-elle montrant du nez ses chaussons de danse. "

Il eut un rire cristallin qui envahit le calme de l'endroit et fit sourire Maxance plus qu'elle ne l'aurait voulue.

" Je vais te laisser alors, désolé pour le dérangement, il fit un signe de la main puis commença à s'éloigner. "

Maxance ne le lacha pas des yeux alors qu'il s'éloignait tout en continuant d'avancer et oublia de sauter le gel, tout se passa très rapidement, à peine le pied dessus elle avait réalisé ce qui se passerait et en un réflexe cria le nom de Bill, sa cheville se tordit et son corps bascula dans le vide. Bill qui avait entendu crier son nom s'était précipité et réussi à rattraper la jeune fille de justesse. Une main sous son épaule l'autre sous ses genoux il la posa doucement sur le sol. Il dégagea ses cheveux et vit son visage tremblant, les yeux agrandit sous le choc, de fines larmes s'étaient echappées de ses beaux yeux bleus. Il attrappa son manteau qui était à terre et le déposa sur ses épaules. Voyant qu'elle n'avait rien mais était juste sous le choc il décida de blaguer gentiment :

" Je savais bien que tu voulais te suicider. "

Elle ria entre ses larmes, très mal à l'aise souhaitant s'enterrer mille pieds sous terre. Elle n'était jusqu'alors jamais tombée et il avait fallu que ça se passe devant celui qui faisait battre son coeur, elle lui parlait pour la première fois et se sentait toute chose. Elle avait peur de dire n'importe quoi ou tout simplement de ne pas être interressant, ce pourquoi elle gardait la bouche close. Il brisa le long silence qui s'était installé entre eux deux.

" Au fait comment tu connais mon prénom ? demanda-t-il. "

S'il elle l'avait pu elle se serait cogné la tête contre un mur, elle ferma les yeux desespéré devant son idiotie. Bien entendu comment était elle censée connaître son prénom ? Ce n'était pas comme si elle l'observait mais cela n'en était pas loin. Etant donné qu'elle ne répondait pas il sourit légèrement et se releva.

" Bon va falloir que je te laisse, on m'attend, il montra l'autre bout de la rue d'un mouvement de tête. "

Elle suivit son regard et crut mourrir, ses trois amis étaient là, Georg, Gustav et Tom. Bien entendu ils n'avaient pas perdu une miette de la scène et ne manquerait pas de la lui rappeler au lycée, enfin s'ils la remarquait. Ils se bousculèrent en montrant Bill du doigt tout en rigolant. Maxance devint rouge tomate, et baissa les yeux, son menton touchant sa poitrine. Bill lui fit un signe de la main et il était partit. Son ventre se tordit alors qu'il s'éloignait avec ses amis, il ne prêtait pas attention à elle et maintenant elle resterait " la fille qui voulait se suicider en sautant de deux mètres de haut ", génial. Elle n'avait aucun moyen de réparer cette première impression et s'en sentait complètement chamboulée. Elle rentra directement chez elle, cependant sa cheville la faisant souffrir quelque peu. Elle s'écroula sur son lit sans manger et laissa aller quelques larmes de dépit. Pourquoi les choses n'arrivaient-elles pas si facilement ? Pourquoi fallait-il toujours s'efforcer d'être quelqu'un d'autre pour être reconnu aux yeux de la société entière ? Elle souffrait tellement d'être invisible pour les jeunes de son âge, elle aurait donné n'importe quoi pour faire partie de toute cette agitation qui semblait les animer avec tant de ferveur, Maxance n'avait jamais connu quelque chose qui l'excitait, qui la rendait tellement heureuse qu'elle avait le coeur au bord des lèvres. Elle n'était pas encore passée par les étapes de l'adolescence type, elle n'avait pas une bande de copine, n'avait jamais eu de petit ami et n'était jamais allée à une fête. Elle se sentait tellement différente et souhaitait tant ne pas l'être. Elle étouffa un cri de rage dans son oreiller et essaya de se calmer, elle essuya son visage et appela Matthias.

" Allô ?
- Matt ?
- Qui veux-tu que ça soit Max ?
- Arrête avec ce surnom. T'as déjà eu une copine ? "


Elle avait dit ça sur le ton de la conversation et Matthias resta estomaqué de l'autre côté de la ligne, Maxance et lui n'était pas habitué à parler si ouvertement. Ils ne se cachaient rien mais la plupart du temps c'était Matt qui posait les questions et il parlait peu de lui même, ce qui lui convenait très bien d'ailleurs.

" Hum, oui. Pourquoi ?
- Pour savoir, je crois que je suis vraiment anormale.
- Parce que tu n'as jamais eu de copain ? Non crois moi y'a pire que ça.
- Non mais tu te rends compte que personne ne m'a jamais demandé ? Tu crois que je vais finir ma vie comment ? Seule avec une tripotée de chats, très peu pour moi.
- Je serais toujours là pour toi Max,
il persistait avec ce surnom, lui l'affectionnait réélement.
- Je sais pas, je voudrais juste tellement être comme tout le monde, tu comprends ça ?
- Mieux que tu ne le crois...
Soupira-t-il Mais parfois je me dis juste qu'il n'y a rien de mal à être différent, ça vaut toujours mieux que de faire semblant.
- T'as sûrement raison,
dit-elle d'un ton rêveur. Mais il n'empêche que j'aimerais bien goûter à l'inconnu un de ces jours.
- Bonne nuit Max.
- Bonne nuit Matt.
- A demain.
- Matt ?
- Oui ?
- Je t'aime.
- Moi aussi Max. "


Elle raccrocha stisfaite d'elle même, elle avait réussi à faire le premier pas et ce sans trop se forcer, c'était sûrement un signe qu'elle changeait d'attitude et se tournait un peu plus vers les autres non ?

------------>8-------
Et voilà une deuxième partie un tant soit peu interressante. Je suis conscient du manque de ce qu'on pourrait appeler " action " mais j'y travaille, planter le décor se révèle toujours plus compliqué et long que toujours. J'aimerais avoir vos avis, vraiment, ça me ferait plaisir ( mais ça vous n'en avez rien a foutre de toutes façons ) :)
Je trouve toujours un peu long mon chapitre, à vous de me dire.

Cordialement S.

# Posté le lundi 29 décembre 2008 17:37

Modifié le dimanche 12 avril 2009 18:40

" La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre. " David Cronenberg

" La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre. "   David Cronenberg
" Tadam ! "

Silja émergea du dressing pour arriver dans sa chambre devant Maxance qui était timidement posée sur un coin du lit, n'osant se mettre à l'aise dans cet environnement si peu naturel. Cette dernière l'observa les yeux ronds d'admiration, la nature avait gâtée Silja en tout point et l'énième robe qu'elle venait de passer était encore plus merveilleuse que la dernière, un bustier bleu nuit très évasée après la taille qui arrivait mi cuisse. Au moindre coup de vent ses sous vêtements serait exposés aux yeux de tous tant le tissu était léger, mais c'était le but.

" Alors ? questionna Silja.
- Wahou, fut la seule réponse que Maxance put prononcer tant l'effet l'avait choqué.
- Elle est sympa hein ? Je l'ai portée quand mon père à reçu un prix pour je sais plus trop quoi. "

Elle tourna sur elle même se regardant sous toutes les coutures sur le miroir grandeur nature, elle fit la moue avec sa bouche et fronça les sourcils, un air réprobateur. Maxance s'habituait à être avec Silja plus régulièrement et s'ouvrait de plus en plus à elle. Elle ne ressentait presque plus de gêne quand les deux jeunes filles se parlaient. Silja était très exigeante avec elle même lorsqu'il s'agissait de son apparence, elle ne voulait décevoir personne à commencer par elle même. Maxance jeta un oeil plus attentif à sa chambre, elle était grande, facilement la taille de son salon, les plafonds très haut. Un papier peint rosé, un énorme lit king size blanc cassé et un dressing constituait les seules choses qui meublaient la pièce. Silja surprit son regard.

" Je suis rentré y'a moins de deux mois, j'ai pas eu trop le temps de décorer, elle fit la grimace comme pour s'excuser.
- Oh, Maxance se sentit gênée et rougit légèrement, c'est pas grave. J'aime beaucoup celle ci, elle montra du menton la robe bleue.
- Ouais je sais pas, Silja fit dos au miroir et tourna la tête afin de s'observer le dos, elle me fait un gros cul non ? "

Maxance leva les yeux au ciel, Silja était vraiment trop exigeante, elle était parfaite et n'aurait pu être mieux. Les types se battaient pour porter ses livres mais ça ne lui suffisait pas, il lui fallait plus, le meilleur.

" Non, je te trouve parfaite. "

Silja soupira bien fort et s'affala sur le lit aux côtés de Maxance.

" Il n'y a rien de pire que d'être belle, dit-elle simplement, parce que c'était la vérité, elle était belle et il ne servait à rien de le nier.
- Je ne comprends pas, répondu Maxance.
- Les gens s'attendent toujours à ce que tu sois au top, comme si tu leur devais quelque chose parce que soi disant tu as de la chance, parce que, eux, s'ils avaient cette « chance » ils en profiteraient et donc je n'ai pas le droit de faillir à ma « tâche » de joli meuble. Putain j'ai jamais demandé à être grande, à être ... à avoir des seins ! Pourquoi j'aurais pas le droit d'avoir mes mauvais jours moi aussi ?
- Je n'avais pas vu les choses sous cet angle là. "


Elles restèrent toutes les deux ainsi, à ne rien faire, pendant quelques minutes et Silja sauta sur ses pieds et réessaya une dizaine de tenues différentes, toutes aussi magnifiques les unes que les autres. Alors qu'elle renfilait son vieux jean usé et un sweater trop grand d'une université plutôt renommée d'Allemagne, elle s'adressa à son invitée.

" Maintenant va falloir qu'on s'occupe de toi. "

L'interpellée sembla sortir de sa torpeur et secoua légèrement sa tête croyant avoir mal entendu.

" Quoi ?
- Ben oui tu croyais pas quand même que je t'avais demandé de venir pour me regarder essayer mes fringues, je peux très bien le faire toute seule ça. "


Elle sortit de la pièce sur un clin d'½il laissant Maxance, sous le choc, derrière elle. Elle revint quelques secondes plus tard un grand carton sous le menton. Elle le posa sur le sol au centre de la pièce et lui fit signe de venir.

" Ce sont des fringues que je portais l'année dernière, ou avant, dit-elle en souriant. Comme tu peux le voir j'ai grandi, elle la dépassait en effet de 20 bons centimètres, et grossit, elle fit la grimace et se tapota la cuisse qui ne bougea pas d'un poil. J'espère que ça t'ira, menue comme tu es tu flotteras peut-être dedans.
- Je... heu merci.
Maxance en avait presque les larmes aux yeux, les gens n'étaient habituellement pas si généreux avec elle.
- Aucuns problèmes, ça me fait plaisir. "

Après de multiples essayages il convint que la moitié des vêtements étaient effectivement trop grande, mais certains lui allait comme un gant, Maxance se laissa aller et se trouva presque jolie parfois. Silja venait tout juste de lui passer une robe, elle était rouge mais elle ne pouvait pas voir grand chose d'autre sans le miroir elle sortit donc du dressing. Silja la regarda fixement, la bouche légèrement ouverte. Au bout d'un long moment embarrassant Maxance lui demanda :

" Quoi ?
- Elle te va super bien,
Maxance fit un mouvement pour se regarder dans le miroir, non attend ! Te regarde pas maintenant. "

Silja la fixa encore quelques minutes en souriant.

" Je comprends pas pourquoi tu t'effaces comme ça, tu es tellement jolie, si seulement tu te mettais en valeur. Tu as des fesses de rêves, t'es trop bien foutue c'est dégeulasse ! Au moins tu n'as pas la taille mannequin, ça me console un peu, rigola-t-elle. Qu'est-ce que tu fais pour être aussi ferme ? "

Maxance hésita quelques secondes, toujours réservée quant à son activité d'après les cours mais décida d'être franche, Silja semblait lui faire confiance.

" Je fais de la danse classique, dit-elle en rougissant jusqu'aux oreilles. "

Pour éviter son regard Maxance se retourna vers le miroir, elle resta bien deux minutes sans rien dire ni bouger juste à essayer de deviner où était passée la Maxance qu'elle voyait depuis toujours dans son reflet. La robe lui allait divinement bien, le buste en forme de c½ur donnait l'impression qu'elle avait un peu de seins, les fines bretelles noires soulignait joliement ses épaules absentes, un gros n½ud noir ceignait sa taille de guêpe. La longueur était parfaite, jusqu'aux genoux quoiqu'un peu transparente sur la fin. Le rouge et le noir rehaussait sa peau diaphane sans pour autant lui donner le teint d'un cadavre. Elle ne se reconnaissait tout simplement pas.

" Je crois qu'on a trouvé ta tenue pour ce soir hein ? Souria Silja. Tu vas tous les faire tomber. "

Elle s'approcha et souleva les cheveux de Maxance un air sceptique sur le visage.

" Par contre va falloir faire quelque chose pour ta coupe, ça va pas du tout. "

A dix-neuf heures tout était prêt, le traiteur était passé et avait garnit la table de plats en tout genre, une agence avait décoré la maison d'un manière très sobre. Maxance regardait toute cette agitation avec stupéfaction, Silja lui avait bien dit que c'était une petite fête, dans ce cas qu'était une grosse ? Les deux jeunes filles étaient prêtes, Silja avait décidé de s'assortir à la robe de sa toute nouvelle amie et en portait une noire, droite et très sobre, mais qu'importe ce qu'elle portait elle était tout le temps magnifique. Elle s'était comme promis occupée des cheveux de Maxance, elle les avait relevés en une queue de cheval lâche se jurant de l'emmener chez le coiffeur la prochaine fois qu'elle s'y rendrait. Toutes les deux sirotaient un milk shake à la vanille attendant les premiers invités.

" Alors comment tu vas faire ? Demanda Silja d'un air malicieux.
- Pour faire quoi ? demanda Maxance d'un air dégagé.
- Pour attirer Bill dans tes filets, s'exclama-t-elle comme une évidence. "

Elle avala de travers et toussa jusqu'à en avoir les larmes aux yeux, Silja leva les yeux au ciel et lui tapa le dos d'une main lâche, Maxance réussi tout de même à demander à travers ses larmes :

" Co... Comment tu... tu sais ?
- Comment je ferais pour ne pas savoir tu veux dire ?
soupira-t-elle. T'es pas vraiment discrète tu barbouilles son nom sur tout tes cahiers en cours. "

Maxance se mordit l'intérieur de la joue tout en se maudissant, elle était habituée à être seule en cours et personne ne voyait donc ses exploits artistiques. Son premier réflexe fut toute fois de démentir.

" Tu le connais pas, il est pas au lycée, dit-elle en rougissant.
- On me la fait pas à moi, s'indigna Silja. Mais ne t'inquiètes pas je suis une tombe, elle passa la main sur sa bouche pour joindre le geste à la parole. Ca fait combien de temps ? "

Elle se mordit la lèvre, Maxance avait toujours du mal à parler de ses sentiments pour Bill, elle en avait honte. Comment pouvait-elle être si superficielle et aimer quelqu'un aussi fort sans lui avoir presque jamais adressé la parole ? Elle se sentait fausse et avait par tous les moyens essayé de réprimer son attirance mais elle était toujours bien là à son grand désespoir.

" Ca va faire un an ... Dit-elle d'une petite voix.
- Et ?
- Rien, comme si quelqu'un pouvait s'intéresser à moi de toutes façons. "


Elle se mordit encore plus fort la lèvre pour s'empêcher de pleurer mais son menton tremblait déjà, elle s'en voulait d'être aussi sensible et de pleurer à chaque fois qu'elle se rappelait que Bill ne la verrait jamais comme elle le faisait. Ca l'affectait bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Voyant les larmes perler dans ses yeux, Silja quitta le tabouret sur lequel elle était perchée et la prit dans ses bras sans un mot. Elle restèrent ainsi quelques minutes et les pleurs se stoppèrent.

" Je... Je suis désolée. C'est juste que je me sens tellement idiote, on ne se connaît même pas, dit-elle sur un sanglot.
- Ca va changer tu verras, dit Silja une main se baladant dans ses cheveux, je vais t'aider. "

Elle s'éloigna de Maxance et embrassa sa tempe en un élan de tendresse, la jeune fille se reprit et passa sa main sur son visage effaçant toutes les traces de larmes.

" Parle moi de lui, dit-elle en murmurant.
- De Bill ? Interrogea Silja. Elle acquiesça. Où commencer ? Je n'ai connu Bill il n'y a que trois ans, je sortais avec un de ses amis, Georg, elle rougit et se reprit, Georg et moi on se connaissait depuis trois semaines et il voulait me présenter ses amis, tu dois les connaître, Gustav, Bill et Tom. On s'est tout de suite très bien entendu. Bill est, il est, je sais pas trop comment te dire ça, elle grimaça, il est bizarre. Je ne le comprends pas la plupart du temps. Il est très proche de son frère, Tom. Je ne le vois pas souvent sortir avec des filles, il me parle pas de ça. Je suis désolée je suis d'aucun secours c'est ça ? Elle s'excusa du regard. Enfin un an plus tard Georg et moi c'était fini et je suis partie ailleurs pendant une année, son regard fuyait, et me voilà revenue.
- Tu l'aimais ?
- Georg ?
- Oui.
- Plus maintenant,
elle se força à sourire. "

La fête battait son plein, il était vingt-deux heures et les tous derniers invités venait d'arriver. Silja remplissait très bien son rôle d'hôtesse et avait accueilli tout le monde comme il se doit. Elle soupira de soulagement quand elle ferma la porte pour la dernière fois de la soirée et épousseta d'un geste habituel des poussières inexistantes sur sa robe. Elle jeta un oeil aux alentours et repéra Maxance assise sur un canapé une cannette de coca à la main. Elle vint à ses côtés et suivit son regard fixé sur Bill et son frère. Elle sourit et la tira par le bras.

" Allez viens on va aller te chercher quelque chose à boire.
- Mais j'ai déjà à boire,
geignit-elle montrant son coca. "

Silja donna un coup dans sa main renversant la cannette par terre le liquide se déversant sur le tapis, Maxance regarda les taches que sa boisson avait laissées hébétée.

" Les femmes de ménages nettoieront, se contenta Silja puis elle la tira par le bras. "

Les deux jeunes filles se retrouvèrent devant une longue table couverte de bouteilles. Silja s'en saisit d'une et versa un liquide transparent dans deux verres.

" Qu'est-ce que c'est ? Demanda innocemment Maxance.
- De la vodka, répondit-elle dégagée. "

Les yeux de Maxance s'agrandirent sous l'étonnement mais elle n'osa répliquer. Elle n'avait jamais encore bu d'alcool et venait tout juste de remarquer le voile d'excitation qui régnait dans la maison.

" Tiens, elle lui tendit le verre. "

Voyant que Silja vidait déjà le sien Maxance posa ses lèvres sur le sien et but une gorgée plutôt importante, alors que le liquide passait dans sa gorge elle écarquilla les yeux et commença à tousser, elle fit une grimace de dégoût en direction de la boisson. C'était vraiment dégueulasse. Silja amusée versa du jus d'orange dans le verre et l'encouragea à tester. Elle fut tout de même plus prudente et ne but qu'une toute petite quantité. L'alcool se sentait moins sous l'orange mais ce n'était toujours pas un plaisir.

Plus loin de là Bill parlait avec son frère.

" Qu'est-ce qu'on fait là déjà ? Demanda-t-il.
- On soutient Silja, répondit Tom las.
- Ah oui c'est vrai. Je vais me chercher à boire tu veux quelque chose ?
- Non merci. "


Ils se séparèrent et Bill chercha les boissons du regard, ses yeux s'illuminèrent quand il vit Silja près de celles-ci accompagnée d'une jeune fille qu'il ne connaissait pas. Quand elle le vit elle agita sa main et il marcha dans sa direction. Il attrapa un verre de tequila, le vida cul sec et en prit un autre. Il se pencha sur son amie et lui embrassa la joue.

" Vas-y doucement Bill sur la boisson, lui dit-elle faussement sévère.
- Je tâcherais de m'en souvenir, et il vida son verre d'un trait. "

Il observa alors la fille qui se trouvait à leurs côtés, il avait l'impression de l'avoir déjà vue quelque part, au lycée sûrement. Elle était très mignonne, toute en finesse, au moins une tête de moins que lui, elle faisait très jeune. Il lui adressa un grand sourire auquel elle rougit timidement. Très mignonne.

" Oh Bill ! C'est Maxance, elle est dans certaines de mes classes.
- Salut,
dit-il.
- Bon...jour, répondit-elle la voix tremblante. "

Silja lui lança un regard appuyé auquel elle rougit de plus belle, Bill leva un sourcil décontenancé.

" Tout va bien ? demanda-t-il.
- Oui, tout va très bien, répondit Silja. "

Maxance dodelina de la tête pour appuyer ces propos. Un silence gênant s'installa parmi eux et Bill piqua du nez dans un nouveau verre d'alcool. Silja grimaça devant cette scène et demanda de l'excuser elle et Maxance. Bill se retrouva seul, il haussa les épaules et vida d'un trait son quatrième verre. Tom s'avançait vers lui.

" C'est qui la fille avec Silja ? Demanda-t-il.
- Une fille du lycée, elle est dans sa classe.
- Elle est mignonne.
- Tom !
- Quoi ? C'est vrai !
- Putain c'est une gamine, j'sais pas elle a seize ans.
S'offusqua-t-il.
- N'empêche qu'elle est bien foutue. "

Bill leva les yeux au ciel et soupira, Tom fit de même exaspéré. Bien que jumeaux ils étaient très différents sur certains points.

" Tu veux un verre ? Demanda Bill.
- Tu bois comme un trou, se contenta Tom.
- Et alors ?
- Tu vas finir ta soirée dans les chiottes Bill.
- C'est mon problème
, maugréa-t-il en avalant difficilement une gorgée de whisky.
- Donne moi un martini, répondit Tom. "

[...]


" Faut que tu te bouges Maxance ! C'est quoi ton problème ? Il est là devant toi !
- Je... Je sais pas, c'est juste que j'arrive pas à dire quoique ce soit,
dit-elle d'une voix suppliante.
- Okay, okay. Faut que tu boives, conseilla Silja d'une voix autoritaire.
- Quoi ? S'inquieta Maxance.
- Ca va te décoincer tu verras. "

Cette dernière traîna Maxance là où elles étaient il y à quelques secondes avec Bill. Elle lui tendit la bouteille de vodka entière et lui fit signe de boire au goulot, Maxance la repoussa d'un geste de dégoût et Silja soupira.

" C'est juste que ça a pas bon goût, se justifia-t-elle.
- Attends je vais te chercher un truc plus sucré. "

Elle revint avec une bouteille ou un liquide rose arrivait à la moitié, Maxance testa prudemment et fut agréablement surprise de voir qu'elle aimait beaucoup le goût sucré de la boisson. Elle leva son pouce en signe de victoire à Silja qui sourit. Tom s'approcha lentement des deux jeunes filles et enlaça premièrement Silja.

" Tu ne me présentes pas ? Demanda-t-il.
- Si bien sûr, Tom voici Maxance. Maxance, Tom. "

Cette dernière sourit maladroitement devant Tom qu'elle ne connaissait que de vue, il était plutôt impressionnant bien qu'un sourire bienveillant se dessinait sur ses lèvres.

" Salut, dit-il. "

Elle ne répondit pas et se contenta d'élargir son sourire, elle se sentait plus à l'aise sûrement grâce à l'alcool et reprit donc une gorgée. Tom lança un regard paniqué à Silja voyant que Maxance buvait directement à la bouteille mais cette dernière se contenta d'un regard apaisant. Tom et Silja se lancèrent dans une discussion laissant Maxance boire de côté tout en lui lançant des regards de temps en temps.

" Je crois que ça va aller, dit Tom attrapant la bouteille que Maxance avait alors pratiquement vidée.
- Mais non, c'est Silja qui m'a dit, geignit la jeune fille. "

Silja rougit et grimaça une excuse à Tom comme quoi elle était trop timide et ne se lâchait jamais. Tom tira un bon coup sur la bouteille que Maxance finit par lâcher. Il se rassit sur le canapé alors que Maxance se relevait maladroitement s'aidant des murs pour avancer.

" J'en connais une qui ne va pas finir la soirée, accusa Tom.
- C'est bon j'ai compris le message, souffla Silja se levant à sa recherche. "


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Pas franchement fière de ce chapitre, pas très innovant, un peu vu et revu.
Peut-être pensez-vous autrement cependant ? Que ce soit le cas ou non j'apprécie énormément les gens qui prennent la peine de me laisser leur impressions, remarques, tout simplement quelques mots d'encouragement ou pas !
J'ai avancé pas mal cette fiction déjà, je pense en avoir pour un bout si je ne m'arrête pas - découragée - et je promet que la suite est nettemement plus interressante, originale et tout simplement je préfère x)
Encore une fois : est-ce trop long ? Ou alors la longueur n'a aucune importance ?

# Posté le samedi 03 janvier 2009 17:49

Modifié le samedi 10 janvier 2009 08:48

" J'ai retiré plus de choses de l'alcool que l'alcool ne m'en a retirées. "Winston Churchill

" J'ai retiré plus de choses de l'alcool que l'alcool ne m'en a retirées. "Winston Churchill

Maxance était sur la terrasse où de nombreux gens en profitaient pour fumer, elle s'avachit lourdement sur une chaise et inspira profondément. Quelqu'un s'assit à ses côtés sans dire un mot. Elle se retourna dans sa direction.

" J'peux avoir une clope ? Demanda-t-elle. "

Il la regarda surpris et chercha son paquet dans ses poches, il sortit une cigarette et la lui tendit ainsi que son briquet. Elle l'alluma difficilement et hésita avant de la mettre entre ses lèvres, elle n'avait encore jamais fumé de sa vie.

" Au fait moi c'est Georg, dit-il en souriant.
- Je sais, dit-elle. "

Il la regarda très surpris de sa réponse et elle décida enfin à tirer sur la clope avant que celle ci ne se consume entièrement. Une quinte de toux la prit alors qu'elle avait inspirer trop vite et en trop grosse quantité. Georg rigola doucement à ses côtés.

" On dirait que t'as jamais fumé, s'exclaffa-t-il. "

Le silence parla pour elle et de nouveau un air étonné apparut sur son visage.

" T'as quel âge ?
- Seize ans,
grimaça-t-elle
- T'es jeune, remarqua-t-il. Qu'est-ce que tu fous ici ?
- Je sais pas trop,
réalisa-t-elle. Silja m'a demandé de venir.
- Ah Silja,
soupira-t-il.
- Elle m'a dit que vous étiez ensembles, dit-elle, avant.
- Elle t'a dit ça ?
S'étonna-t-il. Et qu'est-ce qu'elle t'a dit encore ? S'amusa-t-il.
- Qu'elle ne t'aimait plus. "

Il prit un air pincé et stoppa leur conversation se contentant de fumer. Une fois sa clope finie Georg s'en alla en faisant un petit signe à Maxance qui le suivit de ses yeux absents. Quelqu'un d'autre prit sa place, elle ne le connaissait pas cette fois ci, il n'était pas au lycée et semblait plus âgé.

" Salut, dit-il.
- Salut.
- Tu t'appelles comment ?
Demanda-t-il.
- Je, elle réfléchit un moment, tu en as quelque chose à faire ?
- Non t'as raison,
sourit-il. Je m'ennuie juste. Ca te dirait pas de passer aux choses sérieuses ? "

Elle acquiesça tout en ne sachant pas ce qu'étaient « les choses sérieuses » et le suivit dans les escaliers, ils arrivèrent dans une salle sombre déjà remplie par une dizaine de personnes. La pièce était enfumée mais ça ne sentait pas la cigarette, Maxance fit mine de s'offusquer.

" C'est de la drogue, dit-elle d'une voix perchée.
- Alors t'es trop mignonne toi, s'amusa le type lui plantant un bisou au milieu du front. "

Elle gloussa et s'assit en tailleur imitant les autres.

" Tu voudrais quoi ? Lui demanda-t-il. "

Elle haussa les épaules ne sachant pas que répondre, il sourit et sortit quelque chose de son pantalon. Un sachet minuscule contenant une infime quantité d'une poudre blanche. Il approcha une table et vida son contenu dessus, avec une carte de crédit il traça trois lignes puis indiqua la table du menton à Maxance qui l'interrogea du regard. Il lui sourit malicieusement puis se pencha alors bouchant une de ses narines faisant disparaître une des lignes. Il se laissa aller en arrière avec un sourire de contentement lâchant un soupir plaisant. Elle l'avait regardé faire les yeux envieux. Elle demanda la permission de l'imiter, permission que, bien sûr, il lui donna. Elle se pencha alors en avant et s'enfila une des lignes blanches. Une fois finie, elle balança la tête en arrière un sourire béat sur les lèvres. Le type s'assis à sa droite, une main sur son épaule et lui laissa la dernière ligne. Alors qu'elle se penchait de nouveau il posa ses lèvres sur sa nuque la faisant rire comme une folle. Elle releva la tête et croisa son regard, il posa violemment ses lèvres sur les siennes. Il enfonça sa langue dans sa gorge et elle se laissa faire extatique. Il passa ses mains sur ses épaules, descendant le long de son dos sous sa robe ne manquant aucune parcelle de peau sur son passage. Il se dégagea.

" On va dans une chambre ? Demanda-t-il une lueur vicieuse dans les yeux. "

Elle rigola et se leva chancelante, il l'aida à marcher la portant à moitié. Il arrivèrent dans une autre pièce et il la posa sur un lit tout en l'embrassant toujours aussi violemment, caressant tout son corps. Il passa sa main sous sa robe touchant le haut de ses cuisses retirant sans douceur son sous-vêtement, elle gémit doucement voulant protester mais il l'interpréta comme un encouragement et glissa de nouveau sa main sous sa robe. A ce moment là la porte s'ouvrit sur quelqu'un visiblement gêné, qui referma directement en s'excusant, Maxance gémit de nouveau, et le type continuait son travail. La porte se rouvrit et cette fois ci la personne alluma la lumière. Le type se leva :

" Hé tu vois pas que tu nous déranges ?
- Putain Maxance,
s'exclama Silja. "

Elle poussa le type sur le côté qui atterrit mollement sur la moquette et se précipita sur elle. Elle la rhabilla directement envoyant le type aller se faire voir ailleurs. Elle tapota doucement les joues de Maxance jusqu'à ce qu'elle rouvre les yeux en marmonant.

" Mmmh.
- Maxance, c'est moi Silja.
chuchota-t-elle.
- Salut, dit-elle en ouvrant les yeux. "

Silja sourit de soulagement et l'aida à se lever tout en s'excusant mille fois de l'avoir poussée à boire. Alors qu'elle l'aidait avec les escaliers elle remarqua des traces blanches sous une de ses narines. Sceptique elle demanda :

" T'as rien pris Maxance hein ? "

Elle rigola à en perdre haleine en voyant la tête contrariée de Silja ne pouvant s'arrêter tant la situation lui apparaissait hilarante. Elle passa le doigts sur la poudre et l'examina.

" Putain Maxance t'abuses ! La gronda Silja.
- J'ai faim, se plaignit-elle.
- Deux secondes ! "

Elles arrivèrent toutes les deux dans la cuisine et Maxance s'assit sur la table en marbre regardant niaisement Silja s'affairer dans le frigo afin de lui en sortir une compote et une petite cuillère. Maxance finit le pot en quelques secondes déglutissant difficilement. Elle porta la main a sa bouche, Silja la regardait et sentit le coup venir.

" Ah non, pas dans la cuisine ! "

Elle la tira par la main et l'emmena dans la salle de bain, elle déversa ses entrailles dans la baignoire sous le regard éc½uré de Silja.

" Tu bouges pas hein ? Je vais chercher des fringues propres, et elle partit. "

Alors que Maxance s'asseyait par terre posant sa tête sur le rebord de la baignoire rigolant en faisant bouger ses doigts improvisant une chorégraphie digne des plus grands devant don nez la porte de la pièce s'ouvrit en trombe et quelqu'un arriva en titubant et vomit dans l'évier, l'odeur remonta au nez de Maxance qui s'empressa de l'imiter en rigolant. Elle tourna la tête et vit Bill. Pour une fois elle n'était pas tétanisée à l'idée qu'il soit dans la même pièce qu'elle, elle était plutôt sereine et éblouit par sa beauté en de telles circonstances. Elle l'observa se mettre de l'eau sur le visage et se regarder quelques secondes dans le miroir.

" Je trouve que t'es très beau moi, s'exclama-t-elle d'un ton joyeux. "

Il lui lança un regard noir sans pour autant lui répondre, elle rit de plus belle en voyant ses yeux.

" C'est vrai, insista-t-elle. "

Il se retourna sur elle et son visage s'adoucit.

" Merci. "

Il se laissa aller sur le sol à ses côtés, ramena ses genoux sous son menton et les entoura de ses bras. Il posa sa tête en haut de ses genoux et la pencha du côté de Maxance qui souriait.

" Pourquoi tu souris comme ça ?
- Je sais pas, je suis contente,
dit-elle d'un ton enjoué.
- Ah ouais ? Mais tu viens de dégueuler, ria-t-il.
- Oui mais t'es là, dit-elle toujours souriante. "

Il parut décontenancé et ne répondit pas tout de suite.

" Je sais où je t'ai vue ! S'exclama-t-il. T'es la suicidaire de l'arbre. "

A ce souvenir Maxance ne rougit même pas et partit dans un fou rire suivie par Bill. Elle s'arrêta en le regardant dans les yeux.

" Bill ?
- Oui ?
Demanda-t-il.
- Je t'aime, dit-elle le plus sérieusement possible.
- Ne dis pas de bêtises, on ne s'est jamais parlé, rigola-t-il gentiment.
- Mais c'est vrai ! S'exclama-t-elle. Ca fait un an que je te regarde tous les jours, je t'aime putain ! Cria-t-elle au bord des larmes. "

Bill arrêta de rigoler et regarda la jeune fille fixement, de grosses larmes ravageaient maintenant son visage et elle tremblait de partout. Il sentit un frisson parcourir son échine, cette fille était peut-être sincère. Mais comment se pouvait-il qu'elle l'aime, et même qu'elle en pleure, alors qu'ils ne se connaissaient même pas ? Il ne savait pas si cela devait le flatter ou l'apeurer, il ne ressentait que de l'incompréhension. Elle sanglota de plus belle et jeta ses bras autour de Bill pour enfouir son visage dans son cou, son épaule allait être trempée.

" Je sais que je suis qu'une conne, soupira-t-elle sans décoller son visage, mais j'y peux rien. "

Bill ne répondit rien et se contenta de passer sa main droite de haut en bas sur son dos dans l'espoir de la réconforter. Ses pleurs diminuèrent peu à peu puis s'estompèrent jusqu'au moment ou sa respiration reprit son calme, elle sécha ses yeux humides sur son tee-shirt et osa relever la tête. Elle était dans un sal état, la peau blanche de marbre, les yeux explosés, la pupille dilatée et le maquillage ravagé, mais on aurait pu dire qu'elle était belle, ouais elle ressemblait à une statue. Bill l'observa ainsi pendant un temps, aucun ne disait un mot, briser le silence leur aurait rappelé à tous les deux leur état déplorable et le glauque de la situation. Bill préférait ne pas y penser tout comme Maxance qui faisait d'énormes efforts pour ne pas s'enfuir en courant. Puis d'un même geste ils se penchèrent l'un vers l'autre, elle rehaussant son visage, lui glissant sa main sur sa joue glacée. Leurs lèvres se scellèrent en un baiser qui n'avait pas la même signification pour chacun d'eux.


Envie&Désir pour tromper l'ennui.

Accomplissement d'un rêve inespéré.


Elle ne pouvait que se méprendre sur ses intention alors qu'elle se sentait décoller, étant plus proche de lui qu'elle ne l'avait jamais été dans ses rêves les plus fous, elle sentait que son c½ur allait exploser et redoutait comme la fin du Monde le moment où il faudrait se séparer. Lui se souvenait à peine de son nom, de son visage, la conduite dictée par l'alcool lui avait même fait oublier son jeune âge, contre ses principes moraux. Le brouillard prenait place dans son crâne. Alors que tous deux s'embrassaient à perdre haleine la porte de la salle de bain s'ouvrit.

" Putain Maxance, tu me tapes sur les nerfs. "

Aucun des deux ne réagit à l'entente plutôt énervée de Silja qui, en un geste de colère, jeta une chemise et un jean sur le couple qui, sous l'effet de surprise, se sépara. Maxance rougit et partit d'un fou rire auquel Bill se contenta de sourire légèrement. Elle se sépara de sa robe sous ses yeux gourmands qui dévoraient chaque parcelle de son frêle corps, a moitié nue il ne la toucha pourtant pas, elle enfila les vêtements et plia soigneusement la robe tachée. Elle flottait dans le jean et ça lui donnait l'air d'une gamine, il reprit ses esprit et secoua la tête, l'évidence même.

" Je - Il serait préférable que je m'en aille. "

Il mit la main sur le carrelage et s'appuya dessus afin de se relever difficilement, il tangua vers l'évier et - une fois de plus - s'aspergea le visage avec de l'eau, il tourna son visage piteux vers elle et dessina un pâle sourire.

" Désolé. "

Maxance ne comprenait pas, il venait de l'embrasser ! Il l'avait fait de son plein gré ! Alors pourquoi s'excusait-il maintenant ? Pourquoi s'en allait-il ? Elle en voulait encore, se sentir vivante à ses côtés, sentir son odeur si particulière, la douceur de sa peau contre la sienne. Elle voulait plus, beaucoup plus. Il la laissait seule, elle n'aimait pas ça. Elle avait vécu trop longtemps seule, enfermée sur elle même, elle ne voulait plus jamais revivre ça. Elle secoua la tête à la fois pour essayer de comprendre et à la fois pour exprimer son mécontentement. Tout en restant assise elle tendit le bras vers la jambe de Bill et s'agrippa à son pantalon.

" Reste avec moi, de nouveau les larmes perlaient à ses yeux. "

Il soupira et se pencha, attrapa son poignet accroché à son vêtement et la tira d'un coup sec. Sous le choc elle se projeta contre son torse. Elle laissa les larmes couler et entoura son cou comme elle pouvait, se mettant sur la pointe des pieds. Il retira son bras pour mettre fin à l'étreinte et l'aida à sortir de la pièce. Une fois dehors ils purent constater que la maison s'était vidée de moitié et que les corps endormis, ou tout simplement trop défoncés pour marcher, jonchaient le sol. Bill mania pour ne buter sur personne et se rendit vers la seule pièce encore allumée, la cuisine. Silja et Georg s'y trouvaient apparemment en grande discussion tous les deux.

" On était trop jeunes putain, s'énerva Georg.
- C'est pas une raison, cria Silja presque hystérique. "

Georg mit ses mains dans ses cheveux d'un geste rageur, apparemment en proie au désespoir. Silja avait le visage ravagé par des larmes et une grimace de colère tordait son si doux visage. Bill toussota pour faire remarquer sa présence, tous deux se retournèrent vers eux désintéressés au plus haut point.

" Quoi ? Grogna Silja.
- Ton amie a besoin d'aide je crois, commença Bill montrant Maxance du menton. "

Cette dernière les paupière mi-close s'avachissait complètement sur le côté de Bill, ne tenant presque plus sur ses pieds. Silja leva les yeux au ciel et, coupant court à sa conversation avec Georg, prit l'autre bras ballant de Maxance, et s'adressant à Bill :

" On va la monter dans ma chambre, y'aura personne j'avais fermé a clef. "

Il entreprirent alors de monter les escaliers sans un seul regard pour Georg qui, furieux, frappa du poing sur la table de la cuisine. Il partit ensuite violemment claquant la porte d'entrée. Silja retint ses larmes et Bill, bien que la regardant, s'abstint de tout commentaires. Il déposèrent, non sans mal, Maxance, qui dormait déjà, sur le grand lit de Silja. Tous deux se laissèrent aller à ses côtés.

" Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Maxance ? Demanda Silja.
- Et avec Georg ? grommela Bill de mauvaise humeur. "

Aucun des deux ne répondit à la question, Silja esquissa une grimace de frustration et donna un léger coup dans l'épaule de son ami.

" Fais attention quand même, c'est qu'une gamine, ne put-elle se retenir.
- Ouais je sais, soupira Bill se passa la main sur les yeux. J'ai trop bu putain.
- Comme toujours,
sourit la jeune fille.
- Comme toujours, répéta-t-il. "

Elle attrapa sa main qu'elle mit dans la sienne et la porta à sa bouche, y déposa un léger baiser dessus. On n'entendait plus que le souffle de ces trois êtres, plutôt incertain et pas très harmonieux. Il semblait que chacun avait le besoin d'être accordé une bonne fois pour toutes, trouver le problèmes ou changer la corde. Parfois il suffit juste d'un petit peu de temps ou tout simplement d'une pièce manquante, essayer de ne pas jeter ce qui reviendrait à fuir. La poubelle n'étant une solution pour personne.

La lumière aveuglante émise par le lustre les rendait plus que misérables et c'est ainsi qu'ils s'endormirent, les pulsations de la musique toujours en marche en provenance du salon. Trois corps emmêlés sur un lit tout de suite plus si grand que ça.

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Mauvais chapitre, aucune originalité - bien que je ne prétende pas en avoir dans mes autres chapitres mais celui ci me semble vraiment navrant - j'ai l'impression de m'enliser dans les - mauvais - clichés. Heureusement ( ? ) pour vous la suite - et oui déjà écrite, j'écris très en avance - est très largement différente. Ce chapitre et celui d'avant sont indispensables pour que vous compreniez bien Maxance, pour que vous perceviez a quel point elle est influencable et combien son envie d'être " comme les autres " domine plus que tout. J'espère que vous me suivez et que malgré ce chapitre vous continuerez à me suivre.
Cordialement.
S.(l)

# Posté le dimanche 25 janvier 2009 16:00

Modifié le samedi 11 juillet 2009 11:36

Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré.Montesquieu

Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré.Montesquieu

Quand Maxance se réveilla elle eut l'impression d'avoir enchaîné trois jours de répétition de danse intenses. Son crâne lui pesait lourdement sur les épaules et elle avait l'impression qu'elle ne pourrait plus jamais remarcher droit. Ses yeux durent s'habituer plutôt difficilement à la lumière agressive de la chambre. Le lit était vide. Une fois assise elle entreprit de se mettre debout, le pied posé par terre elle prit appui dessus afin de relever le reste de son corps, cependant le tapis glissa et elle se tordit la cheville. Elle gémit sous la douleur et envoya valser les quelques larmes qui lui vinrent aux yeux. Elle se remit sur pieds et d'un pas plus assuré franchit la porte de la chambre. Elle ne connaissait pas vraiment bien la maison de Silja et regarda donc les alentours pour savoir si quelques personnes restaient de la soirée de la veille. Personne. Elle descendit et alla dans la cuisine, un verre d'eau, un comprimé accompagné d'un petit mot.

" Je pense qu'une aspirine ne sera pas de trop.
Silja :) "

Maxance avala le cachet tout en se demandant où tout le monde était passé. Ses souvenirs de la fête était plutôt flous mais elle pensait se remémorer tout, au moins de chacuns de ses actes. Elle se maudit intérieurement d'avoir été si bête, elle avait manqué de se faire dépuceler et s'était vraiment ridiculisée devant Bill ET Silja. Elle aurait peut-être préféré oublier. Elle déambula dans la maison et aperçu Silja dehors, sur le bord de la piscine, les pieds dans l'eau. Elle ouvrit la baie vitrée et s'assit à son côté. Silja fumait les yeux dans le vague. Maxance lui toucha les pieds des siens pour lui signaler sa présence, elle retira la cendre de sa cigarette directement dans la piscine laissant les petites particules flotter à la surface et tourna son joli visage vers elle.

" T'as un cendrier, indiqua Maxance du menton.
- Je sais. "

Elle prit le cendrier d'une main, l'examina sous toutes les coutures et le fit scintiller au soleil, il semblait coûter cher, peut-être même était-ce du cristal. Et au moment où elle s'y attendait le moins, Silja le jeta d'un geste brusque dans la piscine, il flotta quelques secondes à la surface puis se perdit dans les eaux profondes. Silja le regardait un sourire satisfait s'épanouissant sur son visage. Elle tenta de se justifier.

" Quelqu'un à vider une bouteille de Martini dans la piscine hier, fallait la laver de toutes façons, elle haussa les épaules. "

Maxance regarda droit devant, elle savait que Silja était étrange mais seulement elle ne savait pas si c'était elle qui ne la comprenait pas à cause de son déficit évident d'argent ou alors qu'elle n'avait tout simplement pas le rang social demandé pour comprendre. De n'importe quelles façons elle était perdante, il lui manquait quelque chose, chose que Silja avait manifestement. De l'extérieur ça ressemblait plus à de la folie aux yeux de Maxance, mais elle aurait donné cher pour pouvoir agir avec la même désinvolture.

" Ils sont partis où tous ? Demanda Maxance tentant de meubler la conversation.
- Chez eux, soupira-t-elle. Reste plus que toi et moi, moi toute seule... son ton était soudain plus mélancolique.
- Il est quelle heure ? Commença à s'inquiéter Maxance.
- Quinze heures, dit-elle sans même consulter sa montre. "

Maxance se releva aussi vite qu'il était possible et bredouilla une excuse à laquelle Silja répondit d'un geste de la main désintéressé. Maxance fila dans sa chambre pour récupérer ses affaires et regarda son reflet dans la salle de bain, elle ressemblait à un cadavre. Elle prit le temps de se démaquiller soigneusement et ramassa la robe qu'elle avait portée tout la soirée et qui, maintenant, pendait lamentablement sur la baignoire. Elle couru vers la sortie mettant à rude épreuve sa cheville endolorie par deux fois déjà. Elle passa en coup de vent chez elle, attrapa son sac déjà préparé et se rendit au studio en courant. Elle arriva aux vestiaires, essoufflée et dans un état épouvantable. Elle s'assit pour retrouver une respiration normale et se changea en deux temps trois mouvements, tira ses cheveux en un chignon serré. La fatigue de la veille se ressentait dans ses mouvements un peu gauches et ses yeux parfois lâchaient l'attention et se fermaient le temps d'un quart de seconde. Thomas l'attendait en tapant du pied, un air furieux sur le visage. Elle vira au rouge et se répandit en excuses ce à quoi il répondit qu'ils avaient déjà perdu assez de temps comme ça.

[...]

" Merde ! "

Et Maxance se retrouvait de nouveau sur le sol, sa cheville tordue dans un angle peu approprié ou tout du moins pas dans la norme. Elle se mordit la lèvre au plus fort pour ne pas pleurer comme une enfant et détourna la vue de l'articulation. Thomas accouru vers elle et examinant l'étendue des dégâts décida de l'emmener à l'hôpital. Il la porta précautionneusement jusqu'à sa voiture et la posa sur la banquette arrière. Environ vingt minutes plus tard ils atteignaient l'hôpital le plus proche de la petite ville. Il l'aida à atteindre la salle d'attente des urgences qui était - pour changer - bondée. L'infirmière leur désigna un siège tout en leur demandant de patienter.

" Tu veux appeler ton père ? Questionna Thomas.
- Je veux bien, dit-elle avec une grimace de douleur. "

Il lui tendit son portable tout en s'excusant toujours se sentant coupable pour sa mauvaise chute, elle composa le numéro de sa maison mais personne ne répondit, elle laissa un message en indiquant bien à son père de ne pas s'inquiéter, qu'elle irait bien. Il faisait grand états de rien concernant sa fille.

Les allers et venues ne cessaient jamais dans l'étroite salle d'attente et les docteurs se faisaient désirer, l'attente était longue. Thomas lisait un magasine de sport tandis que Maxance se contentait d'observer l'effervescence qui régnait dans l'hôpital tout en évitant de penser à sa blessure. Un jeune garçon passa les portes battantes un dossier à la main, Maxance ne put s'empêcher de le fixer, c'était Tom.

Il regarda la salle rapidement et ses yeux se posèrent sur la jeune fille, il lui sourit et lui fit un petit signe de la main. Elle rougit, gênée. Il la trouva mignonne dans son petit ensemble rose, une tenue de danse sûrement. Il avait un peu de temps devant lui et décida d'aller la voir quelques secondes.

" Salut, lui dit-il d'un ton enjoué.
- Bonjour, répondit-elle. "

L'adulte assis sur la chaise d'à côté leva les yeux vers lui et retourna à sa revue.

" C'est Thomas, mon prof, expliqua-t-elle.
- Tu fais de la danse c'est ça ? Déduisit-il.
- Exact, elle piqua un fard.
- Mais tu t'es blessée pas vrai ? "

Perspicace Tom, se maudit-il intérieurement. Elle grimaça et son regard vira sur sa cheville qui avait enflée, il se mit à genoux et toucha du bout des doigts la peau tendue de la jeune fille qui recula sa jambe par surprise lâchant un cri de douleur.

" Vous êtes médecin ? Demanda Thomas.
- Non, répondit-il. Mais qui sait un jour ? Dit-il en riant auquel se mélangea celui de Maxance. J'apporte un dossier à mon père, se justifia-t-il en montrant les papiers sous son bras. "

La porte à double battant s'ouvrit sur un homme de grande taille portant une blouse blanche et des petites lunettes. Il appela le nom de Maxance qui commença à se lever avec l'aide de Thomas.

" Ben tiens c'est lui, on dirait qu'il va s'occuper de toi. "

Tom sourit et se dirigea vers son père lui tendant le dossier et quitta l'hôpital toujours en souriant dans la direction de Maxance.

[...]

Elle rentrait chez elle des béquilles sous les bras, sa cheville était tordue et elle avait écopé d'une entorse. Il lui serait donc impossible de participer au spectacle de danse le soir même, elle soupira de contentement. Finalement elle n'était sûrement pas prête à se montrer devant un public et le destin se contentait de l'aider à s'en rendre compte. Elle était épuisée par sa courte nuit, autant physiquement que moralement. Elle n'avait pas eu une seconde pour se retrouver avec elle et quand une des béquilles glissa légèrement sur le bitume lui faisant faire un faux pas les larmes vinrent d'elles-mêmes. En une soirée elle s'était ridiculisée mais avait approché au plus près des sphères de la société dites " populaire ". Alors c'était comme ça que ça se passait ? Une soirée de débauche où toute personne était désinhibée, où la fierté n'avait pas sa place ? Les filles se transformaient en salopes pour la nuit tandis que ces messieurs revêtaient leur plus beau costume de tombeur. Elle n'en voyait pas l'intérêt mais là n'était pas la question, ce n'était plus la question. Son avis ne changerait en rien son désir de socialisation, elle mettrait de côté ses principes les plus fondamentaux pour être à l'aise aux fêtes. Elle sécha ses larmes et haussa les épaules décidant que cette soirée n'était qu'un malencontreux accident dû au fait qu'elle n'avait pas fait attention. Elle surveillerait le nombre de verres, ne parlerait à personne de louche, n'ingurgiterait aucune drogues, ne vomirait et ne se trouverait pas enfermée avec Bill Kaulitz. En repensant à lui un large sourire fendit ses lèvres, il l'avait embrassée, elle, Maxance ! Elle avait goûté au paradis l'espace d'une soirée et en redemanderait encore et encore si cela lui était permis. Elle se demandait ce que ça avait signifié pour lui, pourquoi il l'avait fait, si seulement il s'en souvenait. Peut-être qu'il voulait aussi l'embrasser encore ? Si seulement...

[...]

Plus loin de là, une jeune fille contemplait l'étendue de son royaume après les combats. Elle observait son armée de fidèles soldats mettre à neuf les lieux à coups de serpillières, de balais ou d'aspirateurs. Elle les surplombait de toute sa carrure, et adressa un fier sourire au carrelage étincelant. Elle attrapa son i-pod et monta le son au maximum pour couvrir le bruit de l'équipe de ménage. Elle avança un transat au bord de la piscine et sortit une cigarette. De l'autre bord le préposé à la piscine lui lançait des sourires éblouissant, elle répondit d'un signe de tête las. Elle attrapa ses lunettes de soleil et les posa sur son nez. Ses parents rentraient dans la soirée et ça avait le don de la mettre de mauvaise humeur. Son portable vibra bruyamment sur la table basse. Quand elle aperçut l'écran son visage s'assombrit, c'était Georg, elle appuya tout de même sur "afficher" :

" Un café ça te dit ? "

" Non ça me dit pas, tu sais très bien que j'aime pas le café en plus. "

" Tu prendras autre chose alors ! "

" Je prendrais rien du tout oui, je sors pas. "

" Silja arrête de faire ta gamine s'il te plaît. "

" C'est moi qui fait ma gamine ? "

" J'passe te chercher dans cinq minutes. "

" Non c'est bon t'es où ? "

" Starbucks, le plus près de ta rue. "

Elle ferma le clapet de son portable d'un geste rageur et attrapa son sac avec la même ferveur. Les employés la regardèrent de travers alors qu'elle traversait le hall d'un pas pressé saccageant leur travail avec ses chaussures, elle les toisa et leur défendit de n'effectuer ne serait-ce qu'une remarque. Elle claqua la lourde porte et ne prit pas le temps de s'arrêter, courant presque.

" T'as cinq secondes, mes parents arrivent dans une heure. "

Elle s'affala non sans bruit sur une chaise en face de son ami, déposa son sac tout en faisant un vacarme pas possible. Quelques clients se tournèrent sur elle, haussant les sourcils de mécontentement mais elle n'y prêta pas attention. Quand Silja arrivait quelque part, on la remarquait elle n'était comme qui dirait pas vraiment le synonyme de discrétion. Georg n'avait toujours pas levé les yeux vers elle lisant la page sport du journal. Elle se débarrassa de son manteau puis mit ses coudes sur la table posant son menton sur ses mains. Elle toussa pour faire réagir Georg et il daigna enfin poser ses yeux sur elle.

" Bonjour, il sourit. "

Elle leva les yeux au ciel et soupira bruyamment tout en lâchant difficilement un salut.

" Tu veux quelque chose à boire ?
- Non, merci. T'accouches ? "


Il soupira et porta sa tasse de café à ses lèvres, il prit une gorgée sans la lâcher des yeux. Il prenait son temps et rien ne la dérangeait plus. Silja était une éternelle impatiente et on ne la faisait pas patienter sous peine de représailles. Voyant que Georg prenait son pied à l'agacer elle tendit sa jambe et lui administra un coup de pied dans le tibia, celui ci habitué réprima une grimace mais sut qu'il était temps. Il ne voulait pas subir les foudres de la belle.

" Il faut qu'on parle, son ton était grave. "

Elle leva les yeux devant le cliché qu'il représentait alors à ses yeux, il n'aurait pu trouver pire comme phrase pour démarrer une conversation, elle savait que ce qui allait suivre ne serait rien d'autre qu'une dispute. Elle partait déjà de mauvaise humeur et lança un regard noir à Georg le lui faisant savoir. Il passa outre et continua :

" Je ne vois toujours pas pourquoi tu m'en veux, lacha-t-il un air de défi dans la voix. "

Ses yeux firent un tour dans leurs orbites et elle cru qu'elle allait exploser, elle frappa du poing sur la table et se leva de la chaise la faisant racler non sans bruit sur le sol. Elle sortit d'un pas vif de la salle sans un regard pour lui. Il s'était attendu à une réaction plutôt négative mais n'avait pas penser qu'elle battrait en retraite, ce pourquoi il ne la suivit pas directement quand elle quitta la table. Il finit son café d'une traite et sortit au plus vite, deux rues donnaient devant le café et il n'avait aucune idée d'où elle avait pu aller, il plissa les yeux espérant l'apercevoir mais aucune âme qui vive n'était présente. Il sursauta quand il entendit une voix dans son dos.

" Tu pensais pas que j'étais une lâche quand même ? "

Le rire machiavélique de Silja emplit la ville et résonnait dans chaque recoin de son être, il le toucha plus qu'aucune paroles, elle était en colère. Il se retourna et elle était accoudée contre un mur une clope à la main.

" Et tu dis me connaître, dit-elle blasée.
- Gamine, grande gueule ,impatiente, capricieuse, jalouse, tu veux que je continue ?
- J'en ai des défauts,
elle sourit puis tira sur sa cigarette, tu m'expliques pourquoi tu t'acharnes alors ?
- Qui a dit que c'était des défauts ? "


Silja ne sut que dire et haussa les épaules, Georg s'adossa à ses côtés et regarda son profil, elle avait le tête haute, les yeux fixés au loin et cet éternel air hautain. Elle tirait nerveusement sur sa clope, nerveuse parce qu'elle se sentait observée, elle était mal à l'aise. Là dans la rue avec lui à ses côtés sans alcool pour justifier ses gestes, ou encore d'état second pour contrôler ses paroles, elle était là et elle était nue. Tout ce qui sortirait de sa bouche ce serait ses mots, elle ne pourrait mettre ça sur le compte d'autrui, ou alors elle pouvait se cacher et mentir. Elle ferma les yeux l'espace d'un instant.

" Je t'en veux parce que tu m'as forcé à faire quelque chose que je voulais pas, elle brisa le silence.
- Il fallait bien qu'un de nous deux soit responsable,
souffla-t-il.
- Depuis quand on est responsables ? Elle planta son regard dans le sien.
- Depuis que ça ne nous concerne pas seulement. "

Elle réprima une remarque acerbe et observa le bout de ses chaussures, elle se savait plutôt capricieuse et détestait quand elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait, il avait décidé pour elle et ça elle ne l'avait pas supporté. Ce qu'elle voulait elle l'avait et ce bébé elle le voulait, son enfant. Elle ne l'avait pas eu. Elle avait commencé à chercher des noms sur Internet, elle pensait arranger sa chambre ou - pourquoi pas - trouver un appartement pour elle et Georg, elle aurait trouvé une université qui leur aurait plu à tous les deux. Ils auraient été heureux, elle en était sûre. Mais seulement il n'était pas du même avis.

" Mais merde Silja, tu as dix-huit ans, tu voulais le garder sur un coup de tête. Tu sors tout le temps, tu n'es jamais là ! Tu peux à peine t'occuper de toi même et tu voulais t'embarrasser d'un bébé en plus ? Il avait - sans faire exprès - monter le ton et prenait des airs paternels. "

La jeune fille bougonna et refusa de répondre, elle croisa les bras et fit une mine outrée.

" Je sais très bien m'occuper de moi !
- Mais bien sûr, tant qu'il y a l'argent de papa-maman ! T'aurais voulu faire quoi ? Travailler ?
- Je... Je sais pas ! T'es content ? J'en sais rien ! Tout ce que je sais c'est que je suis pas heureuse là.
- Crois moi un enfant n'aurait pas arranger la situation. "


Elle lui lança un regard lourd de reproche et - tout en jetant sa cigarette - regagna sa maison à pieds, le vent plutôt fort faisait voler ses cheveux qui allait lui fouetter les joues et les oreilles. Elle repensa à lui, à eux, et son esprit s'embrouilla car finalement il avait raison, que ferait-elle seule ? Elle serait sûrement déjà morte de faim - elle ne savait pas cuisiner - ou alors sous un tas de poussière - que les femmes de ménages se chargeaient deux fois par semaines de faire disparaître. On ne lui avait pas appris à se débrouiller toute seule et elle n'en demandait rien. Un bébé elle ne saurait même pas comment le porter ! Mais on apprend non ? Comment serait-elle sortie tous les week-ends ? Elle aurait pu engager une nourrice. Pour avoir la même enfance que la sienne ? Non merci. Et avec quel argent de toute façon ? Celui de ses parents. Lui en donneraient-ils s'ils apprenaient que leur fille était mère ? Sûrement pas. Le vent se faisait de plus en plus fort et la poussait vers sa maison mais elle ne voulait pas rentrer, ses parents devaient sûrement l'attendre de pied ferme, elle ne voulait pas les voir. Elle fit un détour et emprunta une ruelle allant dans la direction opposée, alors qu'elle marchait entre les poubelles le brouillard dans son cerveau s'épaissit. Elle posa une main sur un mur sal et la retira aussitôt, sa tête lui tournait. Elle s'arrêta donc immobile en plein milieu de la route, la tête baissée. Sa bouche commença à trembler et ses yeux s'embuèrent, elle ne voyait plus rien derrière un mur de larmes, son visage fut bientôt ravagé par ces dernières et ses épaules suivirent le mouvement. Plus elle pleurait plus elle se sentait pathétique et inutile et plus elle se sentait pathétique et inutile plus elle pleurait. Ses genoux tombèrent d'eux même avec fracas sur le sol bétonné. Elle finit par attraper un mouchoir dans sa poche et essuya non sans mal son visage trempé. Elle prit une grande inspiration et décida de ne plus penser à quelque chose qui ferait revenir une crise de larmes et se composa un visage fermé pour ses parents.

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Alors ce chapitre ... Je ne sais vraiment qu'en penser, dans la conitnuité de l'autre je présume. Je ne pourrais dire si je l'aime ou pas ( je l'ai écrit il y a un petit bout de temps ) mais je trouve qu'il a tout de même un peu plus d'inérêt que celui d'avant. Bon finis le blabla, c'est pas ce que je pense qui est important mais bien votre avis à vous :)
J'aimerais bien savoir ce que vous pensez des personnages, je sais bien que l'on a vu preque que Maxance jusqu'alors mais même, j'aimerais connaître vos impressions, savoir si vous avez une préférence, s'il y a un personnage que vous ne pouvez supporter, si vous vous reconnaissez ... Tout ce qui vous passe par la tête !
Pour ce qui est de mon avis je ne préfère pas vous influencer et je vous répondrais par commentaire si vous prenez la peine de répondre à ma question, merci à celles qui le feront !
Ah et je ne sais pas si vous avez remarquer la photo de cet article, Maxance y est en noir et blanc alors que Silja et couleurs, c'est voulu ! C'est pour montrer la différence entre elles, comme si Silja avait accès aux couleurs et Maxance pas encore, il lui manque "quelque chose", elle n'est pas encore "quelqu'un". Enfin les grandes lignes de cette histoire, j'espère vous avoir bien fait passer le message parce que tout tourne autour de ça :)

Bisoux
Servy (l)

# Posté le mardi 10 février 2009 14:14

Modifié le mardi 10 février 2009 15:36